Stress du chirurgien-dentiste : du mythe du « bon stress » à la gestion pragmatique

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  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°1 - 13 janvier 2026 (page 60-63)
Information dentaire
PRÉSENTATION NOUVELLE RUBRIQUE PAR MICHEL BARTALA
La plupart des praticiens envisagent les éventuelles complications et difficultés rencontrées dans leur exercice uniquement sous l’angle technique. Le comportement humain est rarement mis en cause dans la succession d’événements qui conduit à ces situations.
Il est pourtant souvent en cause. Stress, fatigue, trop grande confiance… sont autant de facteurs qui influencent les comportements et peuvent mener à l’échec.
Dans cette nouvelle rubrique, Franck Renouard nous met face à cette réalité et nous explique comment la gérer et anticiper pour limiter l’apparition de ces situations stressantes.

Le stress est devenu une composante majeure de l’activité des soignants, et plus particulièrement des chirurgiens-dentistes. L’environnement professionnel est de plus en plus complexe, avec de multiples pressions liées aux patients, à l’organisation du cabinet et aux exigences techniques. Il est souvent avancé que le stress, lorsqu’il reste modéré, peut être bénéfique pour l’activité, tandis qu’il devient négatif au-delà d’un certain seuil. Cet article propose de discuter cette affirmation et de questionner la notion de « bon stress » telle que décrite par Hans Selye dans les années 1970.

Le stress est une réaction physiologique naturelle dont le rôle est de protéger l’individu face à une menace. C’est grâce au stress que les espèces animales et les hominidés ont pu survivre au fil de l’évolution. Le stress peut être comparé à la douleur, qui constitue également une alarme déclenchant une réaction face à un danger. La douleur aiguë incite par exemple à retirer sa main d’une surface brûlante pour éviter une blessure grave.

Principe

Le mot stress provient du latin stringere, qui signifie serrer, presser ou contraindre. Il fait référence à une notion de contrainte physique, et Selye a repris cette idée pour l’appliquer aux comportements humains.

En 1929, Cannon a montré que les réactions face au stress aigu sont duales : la fuite ou le combat. Ainsi, un Homo Sapiens dans la savane qui se retrouve soudainement face à un lion va le combattre s’il est petit, et cherchera à fuir s’il est plus grand. Dans les deux cas, l’organisme modifie immédiatement son équilibre biologique pour favoriser la vascularisation et l’activation des muscles nécessaires, au détriment des fonctions moins prioritaires [1]. La salivation diminue, le péristaltisme intestinal ralentit, la circulation cutanée diminue, et le sang devient temporairement plus coagulable pour prévenir…

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