Le stress est devenu une composante majeure de l’activité des soignants, et plus particulièrement des chirurgiens-dentistes. L’environnement professionnel est de plus en plus complexe, avec de multiples pressions liées aux patients, à l’organisation du cabinet et aux exigences techniques. Il est souvent avancé que le stress, lorsqu’il reste modéré, peut être bénéfique pour l’activité, tandis qu’il devient négatif au-delà d’un certain seuil. Cet article propose de discuter cette affirmation et de questionner la notion de « bon stress » telle que décrite par Hans Selye dans les années 1970.
Le stress est une réaction physiologique naturelle dont le rôle est de protéger l’individu face à une menace. C’est grâce au stress que les espèces animales et les hominidés ont pu survivre au fil de l’évolution. Le stress peut être comparé à la douleur, qui constitue également une alarme déclenchant une réaction face à un danger. La douleur aiguë incite par exemple à retirer sa main d’une surface brûlante pour éviter une blessure grave.
Principe
Le mot stress provient du latin stringere, qui signifie serrer, presser ou contraindre. Il fait référence à une notion de contrainte physique, et Selye a repris cette idée pour l’appliquer aux comportements humains.
En 1929, Cannon a montré que les réactions face au stress aigu sont duales : la fuite ou le combat. Ainsi, un Homo Sapiens dans la savane qui se retrouve soudainement face à un lion va le combattre s’il est petit, et cherchera à fuir s’il est plus grand. Dans les deux cas, l’organisme modifie immédiatement son équilibre biologique pour favoriser la vascularisation et l’activation des muscles nécessaires, au détriment des fonctions moins prioritaires [1]. La salivation diminue, le péristaltisme intestinal ralentit, la circulation cutanée diminue, et le sang devient temporairement plus coagulable pour prévenir…