Le syndrome de Brodie a été décrit pour la première fois par Allan G. Brodie, et correspond à des rapports occlusaux transversaux anormaux où les cuspides palatines des molaires maxillaires sont en dehors des cuspides vestibulaires des molaires mandibulaires antagonistes (fig. 1) [1].
Formes cliniques, épidémiologie et étiologies
Il peut être unilatéral ou bilatéral et associé ou non à une asymétrie faciale ou à un rapport de Classe II squelettique et occlusale [2]. D’autres dénominations sont retrouvées dans la littérature telles que « occlusion de Brodie » (Brodie bite), « occlusion exagérée », ou encore « occlusion en ciseaux » (scissors-bite) [3]. L’absence de contacts dentaires inter-arcades conduit à une égression exagérée du/des secteur(s) latéral/aux concerné(s) : on parle alors de supraclusie latérale.
D’un point de vue morphologique, le syndrome de Brodie peut être d’origine :
- alvéolaire par excès maxillaire (exoalvéolie maxillaire) ou par insuffisance mandibulaire (endoalvéolie mandibulaire) ;
- ou basale, par excès de croissance maxillaire (exognathie maxillaire) ou par défaut de croissance mandibulaire (endognathie mandibulaire).
Cette malocclusion est le plus souvent liée à un excès de croissance transversale des maxillaires (exognathie maxillaire) et plus rarement à un déficit de largeur mandibulaire (endognathie mandibulaire) ou à une association des deux [4]. Les formes pures, basales ou alvéolodentaires sont opposées aux formes mixtes, basales et alvéolodentaires [1].
Sur le plan épidémiologique, cette malocclusion reste peu fréquente, puisque 0,2 % des patients bénéficieront d’un traitement orthodontique lié à un excès de largeur de l’arcade dentaire maxillaire par rapport à la largeur de l’arcade dentaire mandibulaire [4]. Selon une méta-analyse réalisée par Lombardo et al., la prévalence mondiale du syndrome de…
