L'Information Dentaire n°5 - 11 février 2026

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UGS : ID A02605 Catégorie :
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Description

Éditorial

Aliments ultra-transformés : un enjeu politique majeur de santé publique
Professeur Vianney Descroix

Avant-propos

Le partage, notre plus belle compétence
Michel Bartala

Actualités

Revue de presse

Technique directe/indirecte et facettes en résine composite
Pascal De March

Actualité hebdo

Formation

Savoir-faire : 20 tours de main pour faciliter l’exercice quotidien

Coordination scientifique : Michel Bartala

Avec Christian Moussally, Mathilde Jalladaud, Quentin Bochet, Claire Thomas, Antonia Gilch, Samuel Abitbol, Pierre Keller, Sébastien Melloul, Marie Clément, Charles Toledano, Elsa Garot, Julia Estivals, Caroline Fouque, Guillaume Gardon-Mollard, Laurent Bluche, Jérémie Perrin, Jean Richelme, Pascal De March, Matthias Rzeznik, Philippe Boitelle, Yannis Génique, Laurent Dussarps, Pascal Karsenti, Thomas Sastre, Jona Andersen

Grand prix éditorial « Prothèse implanto-portée, le numérique au service de la clinique » : les cas lauréats

Prothèse numérique : précision implantaire et guidage tissulaire
Elsa Eskenazi-Solal et Benjamin Breton

Réflexion prothétique dans le cadre d’une réhabilitation complète implanto-portée
Yannis Génique

Agénésies antérieures : apport du flux numérique dans la réhabilitation implantaire
Louis Huault

Évasion

Armadas vers les terres rares
Thierry Leroux


Le partage, notre plus belle compétence

Dans nos cabinets, la science s’affiche en grand : protocoles validés, recommandations actualisées, biomatériaux de dernière génération. Pourtant, entre la théorie impeccable et la réalité clinique, il existe un territoire plus discret, plus feutré, où se joue souvent la différence. Ce territoire, c’est l’expérience.

L’expérience ne figure dans aucun catalogue. Elle ne se commande pas en ligne et ne se stérilise pas en autoclave. Elle se construit patiemment, au fil des années ou à force d’essais, d’erreurs – parfois minuscules, parfois mémorables – et de ces ajustements presque imperceptibles qui transforment un geste correct en geste sûr. Cette expérience n’est pas forcément en rapport avec l’âge, mais aussi avec l’habitude d’une technique, sa répétition. Le partage est transgénérationnel dans tous les sens.

Qui n’a jamais découvert, au détour d’un congrès ou d’une conversation de couloir, un « tour de main » qui change tout ? Cette légère modification d’angulation qui facilite une extraction réputée délicate. Cette astuce d’organisation qui apaise les journées surchargées. Cette manière de présenter un plan de traitement qui transforme l’hésitation d’un patient en adhésion éclairée. Rien de spectaculaire, et pourtant un impact immense.

La transmission de ces savoirs-là est précieuse. Elle ne concurrence pas la formation initiale ; elle la prolonge, l’incarne, l’humanise. Transmettre, ce n’est pas seulement enseigner une technique. C’est partager un raisonnement, une façon d’anticiper les complications, d’accepter l’imprévu, voire d’en sourire. C’est dire à un confrère plus jeune : « Tu verras, cela arrive à tout le monde », et, dans le même mouvement, lui donner les clés pour que cela arrive un peu moins souvent. Mais aussi de recevoir, d’une consœur ou d’un confrère qui débute dans le cabinet, un conseil sur une nouvelle technique que nous n’avions pas vraiment appréhendée.

Nous exerçons un métier de précision, mais aussi de nuances. Entre deux gestes identiques en apparence se glisse parfois une différence d’intention, de tempo, de pression. Ces subtilités, aucun manuel ne les détaille vraiment. Elles se montrent, se racontent, se commentent. Elles se transmettent, souvent autour d’un cas clinique… d’une lecture et d’un café.

Partager ses astuces, ses réflexions, ses doutes même, n’est pas un aveu de faiblesse. C’est un acte de générosité professionnelle. C’est reconnaître que notre pratique s’enrichit au contact des autres. Et qu’en offrant un peu de notre expérience, nous contribuons à alléger, ne serait-ce que légèrement, la charge mentale et technique d’un confrère. Dans ce numéro, des consœurs et confrères partagent des gestes, des réflexions, finalement un peu d’eux-mêmes.

Au fond, transmettre, c’est refuser que l’expérience reste solitaire. C’est transformer des années d’exercice ou des compétences en un héritage vivant. Et si, grâce à un conseil glissé entre deux lignes, un praticien gagne quelques minutes, évite une complication ou retrouve un peu de sérénité, alors notre métier aura, une fois encore, démontré sa plus belle compétence : celle de se partager.

Michel Bartala
Rédacteur en chef