La prise en soins de ces patients est variée, parfois complexe et peut nécessiter une approche pluridisciplinaire impliquant le chirurgien-dentiste (pédiatrique ou omnipraticien), l’orthodontiste et le chirurgien oral. Elle doit être adaptée au patient et à la situation clinique. Il faudra également déterminer si cette anomalie est isolée ou associée à d’autres anomalies dans le cadre d’un syndrome.
L’objectif de cet article est de présenter cette anomalie dentaire, ses conséquences ainsi que les solutions thérapeutiques à notre disposition. Un exemple de prise en soins pluridisciplinaire réalisée au CHU de Nantes illustre notre propos.
Caractéristiques de l’infraclusion des molaires temporaires chez l’enfant
La prévalence de l’infraclusion des molaires temporaires est de 1,3 jusqu’à près de 40 %, selon les auteurs et la classification [1, 2]. Elle touche majoritairement les premières molaires temporaires mandibulaires. L’atteinte est bilatérale dans 35% des cas et se produit généralement au stade de la denture mixte, à l’âge de 8-9 ans [2]. Cette anomalie est souvent associée à d’autres anomalies dentaires, de nombre (une hypodontie est retrouvée dans 50% des cas) et/ou de forme. Elle l’est aussi le plus fréquemment à une agénésie de la prémolaire successionnelle [3]. D’autre part, les infraclusions des molaires temporaires peuvent être associées à des maladies rares, telles que l’oligodontie avec ou sans la dysplasie ectodermique par exemple [2].
Cliniquement, une dent atteinte d’infraclusion est positionnée sous le plan d’occlusion par rapport aux dents adjacentes. La classification de Brearley permet de distinguer 3 stades d’infraclusion : légère (1 mm en dessous du plan d’occlusion), modérée (table occlusale positionnée au niveau du point de contact dentaire d’une des deux dents adjacentes), sévère (table occlusale située au niveau gingival proximal ou en dessous)(fig.