52 milliards d’euros de déficit pour la Sécurité sociale en 2020

  • Publié le .
Information dentaire

Le régime général de la Sécurité sociale devrait passer d’une situation de quasi-équilibre en 2019 (- 0,4 milliard d’euros – Md€) à un déficit de 52 Md€, indique le rapport de la Commission des comptes de la Sécurité sociale publié le 16 juin. Toutes les branches seraient concernées par cette dégradation.

Mais c’est la branche maladie qui subirait le recul le plus spectaculaire : – 31,1 Md€. « Un niveau de déficit comparable à celui de l’ensemble de la sécurité sociale après la crise financière de 2008-2009, souligne le rapport. La branche maladie concentre en effet des pertes considérables de recettes liées à la dégradation de la situation économique et des dépenses exceptionnelles pour faire face aux conséquences de la crise sanitaire ». Les recettes fiscales seront en forte baisse en 2020. En cause notamment : la forte contraction de la masse salariale du secteur privé soumise à cotisation (estimée à – 9,7 %) sous l’effet du chômage et de la baisse des salaires (- 5,7 %), ainsi que le report massif des échéances de paiement des prélèvements sociaux.

L’Objectif national des dépenses d’assurance maladie (ONDAM) pour 2020, fixé à 205,6 Md€ et qui prévoyait une progression de 2,45 % par rapport à 2019 (+ 5 Md€) devrait finalement être dépassée de 8 Md€ (+ 6,5 %). « La crise sanitaire bouleverse la construction initiale de l’ONDAM par un double effet : des mesures exceptionnelles ont été décidées pour faire face à la crise sanitaire mais, en sens inverse, les mesures de confinement ont entrainé une chute marquée des remboursements de soins de ville », explique le rapport.

Cette progression de 8 Md€ se décomposerait en 12 Md€ de mesures exceptionnelles (achats de masques chirurgicaux et FFP2, achat de matériel pour les hôpitaux, heures supplémentaires, arrêts de travail, téléconsultations…), et sur une diminution nette des remboursements de soins de ville à hauteur de 4 Md€ conséquence de l’arrêt de l’activité des professionnels de santé : les chirurgiens-dentistes (- 90 %), les kinés (- 80 %), les orthophonistes et les orthoptistes (- 80% et – 85%) mais aussi les les médecins généralistes (- 30 %).

Des résultats encore provisoires puisque le rapport n’a pu prendre en compte les nouvelles dépenses qui seront engagées dans le cadre du « Ségur de la santé ».

 

 

 

 

 

Thèmes abordés

Commentaires

Laisser un commentaire

Sur le même sujet

Politique de santé

Santé des soignants : un plan structuré aux mesures encore peu opérationnelles

Le ministère de la santé a présenté, le 22 mai, un premier plan consacré à la santé des professionnels de...
Politique de santé

RSA : près d’un tiers des foyers éligibles n’y recourent pas

Environ 560 000 foyers éligibles au revenu de solidarité active (RSA) ne percevaient pas cette prestation au quatrième trimestre 2021, selon une étude de la...
Politique de santé

Fraude sociale et fiscale : adoption du projet de loi, tensions sur le secret médical

Parmi les mesures emblématiques, l’article 21 organise une levée encadrée du secret professionnel au bénéfice des organismes complémentaires d’assurance maladie. Il...
Politique de santé

Vers la suppression des ARS ?

Déposé le 27 avril par Pauline Martin (LR, Loiret), le texte, composé de 20 articles, s’inscrit dans le prolongement des...
Politique de santé

Fraude sociale et fiscale : adoption du projet de loi, tensions sur le secret médical

Le projet de loi de lutte contre les fraudes sociales et fiscales a été définitivement adopté par le Parlement le...
Politique de santé

Accès aux études de santé : une licence « orientée santé » prévue pour la rentrée 2027

La réforme de la première année d’accès aux études de santé doit entrer en vigueur à la rentrée universitaire 2027...