Aspiration haut débit : utile face aux bioaérosols mais grande source d’inconforts

  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°14 - 10 avril 2024
Information dentaire

L’utilisation d’une aspiration haut débit au fauteuil est ressentie par les chirurgiens-dentistes et les assistant(e)s dentaires comme une protection plutôt bénéfique face au risque d’exposition aux bioaérosols. La fiabilité, mais aussi le confort visuel, au cours des soins sont également appréciés. En revanche, les avis sont plus mitigés, voire critiques, concernant le confort postural et auditif, notamment par les assistant(e)s. Telles sont les conclusions d’une étude de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) publiée le 27 mars (à télécharger, lien ci-dessous). Ce travail, mené en collaboration avec la Faculté d’odontologie de Lorraine, s’appuie sur les réponses de 260 chirurgiens-dentistes et 134 assistant(e)s dentaires à un questionnaire en ligne.

Parmi les chirurgiens-dentistes répondants, 85,3 % ont déclaré utiliser un système d’aspiration haut débit : 64 % le manipulent ponctuellement au cours des soins en complément de leur assistant(e), 27,5 % sont les seuls utilisateurs (praticien non assisté) et 8,5 % ne le manipulent pas du tout. Les 14,7 % de praticiens n’utilisant pas ce système ne sont pas équipés et/ou considèrent la pompe à salive suffisante.

À la question « vous sentez-vous protégé vis-à-vis du risque aérosol ? », un tiers (33 %) des chirurgiens-dentistes répondent « beaucoup » et « tout à fait », un peu plus de la moitié « moyennement » (55,2 %), 11,8 % « peu » mais aucun « pas du tout ». Côté assistant(e)s dentaires, 37,6 % se sentent protégé(e)s « beaucoup » et « tout à fait », 42,9 % « moyennement », 5,2 % « un peu » et 14,3 % « pas du tout ». Plus de 8 chirurgiens-dentistes sur 10, (85,3 %) déclarent que la réduction de la concentration en bioaérosols est bien le motif de leurs recours à l’aspiration haut débit mais au même titre que « garder le site au sec » et « assurer la visibilité ».

Courbatures, douleurs et gênes au dos

En revanche, le confort postural et le confort auditif sont sévèrement jugés. Le confort auditif est évalué comme « mauvais » par 38,9 % des praticiens et même « très mauvais » par 28,1 % d’entre eux. Idem pour les assistant(e)s : « très mauvais » (34,6 %) et « mauvais » (30,1 %). Le confort postural est aussi significativement moindre chez les assistant(e)s. Il n’est estimé « bon » ou « très bon » que par seulement 28,7 % des premières (versus 49,5 % pour les praticiens), « moyen » pour 39,5 % (versus 36,1 %) et « mauvais » à « très mauvais » pour 31,8 % (versus 14,4 %).

Les assistant(e)s déclarent un nombre important de courbatures, douleurs et gênes, au dos pour 91,1 % d’entre elles, au cou (83,3 %), aux épaules (82,8 %), aux poignets ou doigts (65 %) ainsi qu’aux coudes (26,4 %). Face à ces désagréments, les praticiens renoncent à l’utilisation de leur aspiration, parfois plusieurs fois par jour, y compris à « un moment où elle aurait pourtant été nécessaire ». « Des efforts de conception des systèmes, par exemple de la canule pour éviter une flexion du poignet ou du tuyau pour en faciliter la manipulation, pourraient s’avérer pertinents pour en faciliter l’utilisation », concluent les auteurs. Objectif : « Éviter une réduction de l’utilisation de l’aspiration et ne pas participer à l’exposition à d’autres risques ».

Thèmes abordés

Commentaires

Laisser un commentaire

Sur le même sujet

Vie de la profession

Le Pr Vianney Descroix réélu Doyen de l’UFR d’Odontologie de Paris Cité

Le conseil de gestion de l’UFR d’odontologie de l’Université Paris Cité, a reconduit le 20 octobre, le Pr Vianney Descroix à la...
Vie de la profession

Vers un Code des professions libérales ?

L’Union nationale des professions libérales (UNAPL), qui regroupe 71 organisations de libéraux (dont Les CDF, l’UD et le SFCD) propose...
Vie de la profession

Odontologie : l’objectif de formation relevé à 8 625 étudiants sur cinq ans

Ces objectifs nationaux pluriannuels (ONP), qui concernent également la médecine, la pharmacie et la maïeutique, ont succédé au numerus clausus....
Vie de la profession

DPC : recrudescence des démarchages frauduleux visant les professionnels de santé

Selon l’ANDPC, les fraudeurs se présentent fréquemment comme des représentants de l’agence, de la HAS, d’un ordre professionnel ou d’une...
Vie de la profession

Affichage, devis, traçabilité des prothèses : la DGCCRF épingle 39 % des praticiens contrôlés

Affichage des honoraires, remise des devis normalisés, règles applicables au dispositif « 100 % Santé » ou origine des prothèses...
Vie de la profession

Article réservé à nos abonnés Perception de la formation continue en France par les étudiants en 6e année d’odontologie

CONTEXTE En France, la formation initiale en odontologie s’étend sur six années et associe enseignements théoriques, travaux pratiques et activité...