Assistant(e)s dentaires : un référentiel métier mieux cadré

  • Publié le . Paru dans Profession Assistant(e) Dentaire
Information dentaire
Le décret relatif à la formation conduisant au titre d’assistant dentaire, contenant le référentiel « activités, compétences et formation » a été publié au Journal officiel du 14 juin. S’il change peu de choses sur le fond, il va permettre de mieux encadrer la profession.

Il aura fallu plus de deux ans pour que le groupe de travail, dans lequel sont réunis notamment les assistants dentaires via leurs syndicats, les syndicats de chirurgiens-dentistes, l’Ordre, l’Académie nationale de chirurgie dentaire, le ministère de la Santé et les centres de santé, finisse par s’accorder. La publication de la loi de Santé, le 26 janvier 2016, avait fait entrer les assistants dentaires au Code de la santé publique. Puis, un premier décret d’application de cette loi, publié le 3 décembre 2016, avait fixé les bases essentielles du métier (accueil des patients, gestion du risque infectieux, gestion et suivi du dossier patient, information et éducation des patients à la santé bucco-dentaire, etc. Lire PAD de janvier/février 2017).
 
Ce nouveau décret amène une pierre de plus à l’édifice du métier d’assistant dentaire, devenu profession de santé. Désormais, en libéral comme dans le secteur public, aucun assistant ne peut travailler sans être diplômé. Le titre d’assistant dentaire est obtenu par la formation en contrat de professionnalisation, l’apprentissage, par la formation professionnelle continue, la validation des acquis de l’expérience professionnelle (VAE) ou par la formation initiale. « J’invite les assistants qui n’ont pas le titre à le passer au plus vite par la VAE, indique Françoise Lepouchard, secrétaire générale de la Fédération nationale indépendante des syndicats des prothésistes et assistants dentaires (FNISPAD), premier syndicat de salariés dans les cabinets dentaires (42 % des suffrages aux dernières élections de janvier 2017).

Car avec le décret déjà paru et le référentiel publié aujourd’hui, le métier est clarifié, codifié. Les employeurs ne peuvent plus faire passer une secrétaire pour une assistante. Des contrôles auront lieu. Le contenu des activités réalisables par les assistant(e)s dans le cabinet, « sous la responsabilité et le contrôle effectif du chirurgien-dentiste », et les compétences à acquérir pour y parvenir sont largement détaillées dans le décret, à savoir : les gestes avant, pendant et après les soins ; l’accueil des patients et la communication à leur attention ; l’information et l’éducation des patients à la santé bucco-dentaire ; l’entretien de l’environnement de soins, des matériels liés aux activités et la gestion du risque infectieux ; la gestion et le suivi du dossier du patient ; le recueil, la transmission des informations, la mise en œuvre de la traçabilité ; l’accueil, l’accompagnement des assistant(e)s dentaires en formation et l’amélioration des pratiques professionnelles.
 
La formation reste aux mains des organismes de formation agréés par la Commission paritaire nationale de l’emploi et de la formation professionnelle. « Sur le contenu des formations et des compétences, il n’y a rien de fondamentalement nouveau, estime Françoise Lepouchard. Mais tout est précisé, hiérarchisé, il n’y a plus de surprise sur le contenu ou les principes pédagogiques utilisés. » La durée de la formation est de 1 878 heures réparties en 343 heures de théorie et 1 535 heures de formation pratique, sur dix-huit mois, en alternance.
Si ce nouveau décret est baptisé « Assistante 1 » par les négociateurs, c’est parce qu’un nouveau décret « Assistante 2 » est en cours de discussion. Ce dernier ouvrirait la voie à un nouveau diplôme accessible à partir du niveau bac, puis seulement validé après trois ans d’expérience en cabinet. Le contenu de ce « niveau 2 » pourrait faire sensation, avec l’introduction d’un modèle proche de l’hygiéniste dentaire, en tout cas avec des délégations de tâches.
 
En attendant ce nouveau décret, plusieurs autres pourraient être publiés avant la fin de l’année, permettant de proposer aux assistants des formations complémentaires (une centaine d’heures) en paro-implanto-chirurgie, orthodontie, et gestion administrative.

Thèmes abordés

Commentaires

Laisser un commentaire

Sur le même sujet

Vie de la profession

Gueules Cassées : repenser le parcours de soins de l’urgence au rétablissement

La fondation des « Gueules Cassées » organisera les 27 et 28 octobre 2026 au Novotel Paris Centre Tour Eiffel...
Vie de la profession

L’ADF lance une application unique pour ses contenus et événements

L’Association dentaire française (ADF) lance une nouvelle application mobile destinée à regrouper l’ensemble de ses services et contenus au sein...
Vie de la profession

Le coût de la rentrée en odontologie dépasse les 4 000 euros, alerte l’UNECD

4 042,73 € : c’est le montant moyen que devront débourser cette année les étudiants non boursiers entrant en deuxième...
Vie de la profession

L’UNECD plaide pour une refonte profonde des études dentaires

Formation initiale Former davantage de chirurgiens-dentistes ne suffira pas à répondre aux défis des prochaines décennies. C’est le message central...
Vie de la profession

Désertification : le gouvernement double finalement le nombre de CESP

Revirement du gouvernement sur les contrats d’engagement de service public (CESP). Un arrêté publié au Journal officiel du 22 juillet...
Vie de la profession

Les inégalités territoriales d’accès aux chirurgiens-dentistes continuent de se creuser

En 2024, le rapport entre l’accessibilité moyenne des 10 % de la population française les moins dotés en chirurgiens-dentistes (14,4...