Belgique : les chirurgiens-dentistes appellent à la grève contre la réforme du conventionnement

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Information dentaire

Les dentistes belges se mobilisent. À l’appel de la Société de médecine dentaire (SMD) et de la Chambre de médecine dentaire (CMD), ils rejoignent le mouvement de grève lancé pour le 7 juillet par l’Absym, principal syndicat médical.

En ligne de mire : le projet de réforme du système de soins défendu par le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke.

Parmi les mesures dénoncées : la suppression du conventionnement partiel, le plafonnement des suppléments d’honoraires pour les praticiens non conventionnés, et la limitation des primes INAMI (l’équivalent de notre Sécurité sociale) aux seuls conventionnés. Or, la moitié des dentistes exercent hors convention.

En Belgique, les professionnels de santé peuvent choisir d’adhérer à une convention conclue avec l’assurance maladie (INAMI). Ce contrat fixe des honoraires officiels que les prestataires doivent respecter en échange de contreparties : primes, avantages financiers, meilleure visibilité auprès des patients, etc.

Un prestataire conventionné s’engage à respecter les tarifs INAMI. Un prestataire déconventionné peut fixer librement ses tarifs, mais sans bénéficier des primes ni des avantages du conventionnement. Il existe aujourd’hui une situation intermédiaire, dite « conventionnement partiel » : un professionnel peut appliquer les tarifs INAMI à certains moments (par exemple à l’hôpital) et pratiquer des honoraires libres dans d’autres contextes (par exemple à son cabinet privé).

Le ministre de la Santé belge veut supprimer cette flexibilité et imposer un modèle unique : soit on adhère totalement à la convention (et on bénéficie de toutes les primes), soit on refuse, mais alors on subit des restrictions importantes (plafonnement des suppléments, exclusion des primes, retrait possible du numéro INAMI).

Les dentistes et médecins dénoncent une perte de liberté professionnelle et une forme de chantage financier. Selon eux, certains tarifs INAMI sont trop bas pour couvrir leurs frais, et les suppléments permettent de maintenir la qualité des soins (matériel, formation, innovations…).

Leur crainte : qu’en rendant le conventionnement obligatoire de fait, la réforme affaiblisse l’indépendance des soignants et fragilise l’accès à des soins de qualité pour les patients.

Le 7 juillet, les urgences seront assurées, mais les cabinets resteront fermés. Pour les représentants des dentistes, c’est l’avenir de leur profession qui est en jeu.

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