Boissons sans alcool : taxer plus pour sucrer moins

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Les teneurs en sucre ou édulcorant des boissons rafraîchissantes sans alcool ont fortement baissé depuis 2010, montre une étude de l’Anses publiée le 19 mars.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation et de l’environnement a analysé près de 4 500 références : sodas, eaux aromatisées, boissons aux fruits, boissons énergisantes, etc.

Résultats : 25 % de sucres en moins pour les boissons aux légumes, – 20 % pour les eaux aromatisées, – 15 % pour les boissons au thé sucrées, – 8 % pour les boissons aux fruits et les boissons énergisantes ou encore – 2 % pour les colas sucrés (- 6 % pour les marques distributeurs).

Il n’y a pas de hasard à ces bons résultats. Si les industriels ont fait des efforts (reformulations, mise sur le marché de produits moins sucrés ou sans sucres ajoutés), c’est parce qu’ils y ont été contraints. « Le secteur a fait l’objet de plusieurs mesures visant à réduire les taux de sucres des boissons », rappelle l’Anses.

D’une part, un accord collectif a été signé en 2010 entre les principaux industriels du secteur et les pouvoirs publics pour diminuer de 5 % le taux moyen de sucres de l’ensemble des boissons rafraîchissantes sans alcool.

D’autre part, les parlementaires ont mis en place, en 2012, une taxation fixe sur les boissons contenant des sucres ajoutés et des édulcorants, puis, en 2018, une taxe proportionnelle à la quantité de sucres ajoutés dans les boissons (les boissons les plus sucrées étant les plus taxées).

Moins d’aliments sucrés

Dans ce même rapport, l’agence s’est également penchée sur la présence de sucre ou d’édulcorant dans les aliments. Elle a décortiqué les étiquettes de plus de 39000 produits : glaces et sorbets, confitures, barres céréalières, biscuits et gâteaux, plats préparés, sauces, charcuteries, etc.

Elle observe une « diminution significative » du pourcentage de produits contenant ces ingrédients au cours des dix dernières années, même si la majorité des produits étudiés (77 %), y compris dans des catégories de produits plutôt salés, contient au moins un ingrédient sucrant ou vecteur de goût sucré. Le saccharose, équivalent du sucre de table, est retrouvé dans plus de la moitié des produits alimentaires étudiés (58 %).

Mais contrairement aux boissons, l’Anses n’a pas pu mesurer les taux de sucre dans ces aliments. « Les quantités utilisées sont rarement indiquées sur les emballages, regrette-t-elle. Les résultats ne témoignent donc pas forcément d’une diminution de la teneur en sucres totaux dans les produits. En effet, il est important de rappeler qu’un produit utilisant moins d’ingrédients sucrants ou vecteurs de goût sucré qu’avant n’a pas forcément une moindre teneur en sucres. La suppression d’un ingrédient sucrant peut aller de pair avec la révision de la proportion des autres ingrédients. »

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