Définir l’éco-anxiété
Le terme d’éco-anxiété apparaît dans les années 1990 et entre dans Le Larousse et Le Robert en 2023. C’est un néologisme associant les termes « éco » – oïkos, qui signifie maison en grec ancien, ou lieu de vie, et qui renvoie de manière plus globale à la façon dont habitent les êtres vivants dans leur milieu de vie – et « anxiété », qui est un sentiment d’inquiétude ou de malaise ressenti face à une situation particulière. En 2017, l’American Psychological Association en propose cette définition : une « peur chronique de la catastrophe environnementale ». L’éco-anxiété concerne l’inquiétude face à l’avenir écologique. Elle est à différencier de la solastalgie, qui désigne la détresse ressentie face à la dégradation de son environnement de vie tel qu’il était auparavant (fig. 1).
L’éco-anxiété est donc une forme d’anxiété particulière ressentie face à l’atteinte de la biosphère (dérèglement du climat, effondrement de la biodiversité, pollutions) engendrée par les activités humaines modernes qui ont des impacts directs et indirects sur la santé. La menace représentée par le dérèglement environnemental est réelle et d’ores et déjà perceptible. En France, les événements climatiques extrêmes sont de plus en plus fréquents [2]. L’inquiétude qui en découle est donc légitime. « Les personnes éco-anxieuses sont des personnes rationnelles et lucides dans un monde qui ne l’est plus », comme le soulignait déjà la Dr Alice Desbiolles, médecin de santé publique, en 2020 [3].
La reconnaître pour la soigner
L’éco-anxiété n’est donc pas une maladie mentale. Mais elle peut rendre malade et entraîner chez les personnes particulièrement sensibles à leur environnement naturel et/ou sociétal des manifestations émotionnelles négatives excessives. Plusieurs échelles de mesure ont été élaborées pour évaluer…
