Emerald

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Le taux de pénétration des scanners intra-oraux dans les cabinets dentaires français est en augmentation rapide, car les chirurgiens-dentistes sont de plus en plus nombreux à désirer entrer l’univers de la dentisterie numérique : la première étape à franchir est très certainement l’acquisition d’un outil qui permet de réaliser des images tridimensionnelles des projets prothétiques, et donc un scanner intra-oral.
 

Cependant, l’évolution très rapide de la technologie rend le choix difficile : comment s’y retrouver au milieu des propositions très variées d’un marché en pleine effervescence ? Sur quels critères s’appuyer pour prendre la bonne décision ?
L’objet de cette rubrique est de tenter modestement de vous y aider, en réalisant au cabinet un test en grandeur nature d’utilisation d’un matériel innovant, et ce, en toute indépendance.

Emerald, proposé par Planmeca, constitue la deuxième génération en matière de scanner intra-oral de la marque. Présenté au printemps dernier lors de l’IDS à Cologne, sa commercialisation débute actuellement en Europe.
Au seul examen de ses caractéristiques techniques, nous avions eu l’intuition que ce matériel se positionnerait dans la partie haute du segment. Aussi, nous avions hâte de pouvoir l’essayer en situation réelle.
La prise en main est d’une simplicité déconcertante quand on connaît les contraintes imposées par d’autres fabricants : la caméra, de faible poids (183 g) et d’encombrement réduit (250 mm), est tout simplement connectée à un ordinateur portable (fourni dans le cadre d’une solution prête à l’emploi incluant le soft) sur un port USB 3.0. L’ensemble peut très facilement être transporté d’un poste de travail à un autre, mais peut également être intégré à un unit de la marque. L’ergonomie bien pensée du corps de l’outil permet une prise « stylo », et nul besoin d’avoir des mains de géant !
L’embout de capture possède un miroir chauffant antibuée : ses dimensions réduites permettent la prise d’images dans des zones difficiles à atteindre (faces vestibulaires des molaires par exemple) sans effort particulier, sans être obligé de tirer sur les joues du patient de manière excessive. Cet embout est démontable et autoclavable (3 embouts fournis).

Le test réalisé a consisté en une prise d’images en bouche en vue de la confection d’un onlay sur 37.
Le déclenchement de la prise d’images s’opère par simple pression sur un bouton situé sur le corps de la caméra ; le passage vers les prises de vues successives s’opère également par simple pression sur un autre bouton : pas de manipulation fastidieuse de souris.
L’acquisition est d’une fluidité parfaite, la conversion s’opérant en 27 images seconde : l’image apparaît en temps réel à l’écran, en couleurs naturelles restituées. Si un élément indésirable se retrouve dans le champ (langue, joue, miroir), il peut aisément être supprimé simplement en repassant la caméra sur la zone ; idem s’il subsiste des « trous » dans l’image. Aucun poudrage n’est nécessaire ; un paramétrage permet d’affiner les valeurs de contraste et le bruit. La prise d’informations (préparation dentaire, antagoniste, mordu) a duré moins de cinq minutes.
 

Le mordu lui-même ne nécessite que quelques instants : il suffit de prendre une information sur chaque arcade, et les éléments sont reconnus presque instantanément sans qu’il soit nécessaire de les « matcher » (l’alignement des arcades étant une source d’erreur non négligeable en CFAO).
L’interface utilisateur est à la fois simple, intuitive et séduisante : la caméra fonctionne en effet sous Romexis, le logiciel d’imagerie commun à toute la chaîne numérique de Planmeca.
Les images sont ainsi converties en quelques clics en fichiers STL et PLY. Il s’agit bien entendu d’un format STL standard, complètement ouvert, disponible immédiatement et accessible en permanence (pas de stockage sur un cloud). Les fichiers sont ainsi exportables vers tous les supports : un logiciel de CAO (nous avons nous-mêmes exporté sans problème vers Exocad), une plateforme de FAO, ou toute autre interface d’échanges de fichiers, et ce, en toute simplicité, la compatibilité étant ici totale.

Les utilisateurs de Romexis peuvent profiter des synergies avec les outils PlanCAD de la marque, dans le cadre, par exemple, de planification implantaire ou bien de conception de guides chirurgicaux.
Il est certain que le choix d’un système complètement ouvert, sans abonnement à une plateforme propriétaire, sans obligation de stockage sur un cloud, est véritablement un atout maître qui répond parfaitement aux attentes actuelles en matière de dentisterie numérique.

Disons-le tout net : nous avons été séduits par Emerald sur tous les plans et aspects. Nous avons ainsi pu mesurer le travail accompli en termes de développement par rapport à la technologie que nous utilisons actuellement au cabinet : diminution du poids de la caméra, de l’encombrement de l’embout, simplification du protocole d’acquisition grâce à une lecture vidéo intégrale.
Emerald permet ainsi de scanner facilement, sans courbe d’apprentissage fastidieuse, non seulement dans la cavité buccale, mais également des modèles, pour toutes sortes d’utilisations dans le cadre d’une pratique en CFAO.

Le plus : la qualité des images vidéo en couleurs réelles permet une utilisation dans le cadre d’une communication active avec le patient, ainsi qu’avec le laboratoire de prothèse, grâce notamment à la conversion au format PLY (couleurs) qui s’effectue simultanément à celle au format de travail STL.

Emerald est donc l’outil de choix destiné à tous ceux qui désirent débuter sereinement dans leur activité numérique au cabinet, mais se révèle également un formidable progrès pour les utilisateurs aguerris qui souhaitent évoluer vers plus d’efficience en imagerie.
F. C.

Remerciement à la société Planmeca d’avoir accepté cet essai.

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