Emploi, formation, organisation : portrait actualisé des cabinets dentaires

  • Publié le .
Information dentaire

23 720 cabinets employeurs (+ 0,6 %), 69 200 salariés (+ 5,5 %), 47 222 chirurgiens‑dentistes (+ 2,5 %), 92 % de personnels féminins, 16 957 actions de formation en 2023 et un fort dynamisme des contrats de professionnalisation : état des lieux de la branche des cabinets dentaires.

La branche des cabinets dentaires poursuit une trajectoire de croissance robuste, confirme l’édition 2025 du « rapport de branche », publié récemment par l’Association pour le paritarisme dans les cabinets dentaires libéraux (APCDL), structure destinée à gérer les fonds du paritarisme qui proviennent de la cotisation des employeurs des cabinets dentaires libéraux.

Avec 23 720 cabinets employeurs en 2023, la progression est de + 0,6 % en un an. « Cette croissance, bien que modérée, contraste avec la baisse observée dans le secteur de la santé humaine (- 0,3 %) et la stabilité de l’ensemble de l’économie », souligne l’étude (voir la méthodologie en encadré ci-dessous). Le secteur, qui confirme donc sa solidité, reste largement dominé par de petites structures : 81,5 % des cabinets comptent 1 à 2 salariés, et 96 % moins de 10 salariés.

Paris, premier employeur
Mais la situation évolue rapidement. Ainsi, l’âge moyen d’existence des cabinets s’établit à 12 ans, avec une proportion très élevée de structures récentes : 35 % ont été créées depuis 2020 et 35,5 % entre 2010 et 2019. Seuls 1 % remontent à avant 1980. Plus la structure est grande, plus elle est jeune : les cabinets de 10 salariés et plus affichent un âge moyen de 8,5 ans, contre 15 ans pour ceux de 1 à 2 salariés.

L’examen des statuts juridiques montre que 51,5 % des cabinets relèvent de l’entreprise individuelle, mais cette part diminue régulièrement (64,5 % en 2016). Les sociétés « commerciales et assimilées » représentent désormais 27 %, contre 15 % en 2016, témoignant d’une profession en voie de structuration. Les groupements (SCM, SCP, SDF) représentent 21,5 %.

La ville de Paris reste le premier département en nombre de cabinets (5,7 % de l’ensemble), devant les Bouches‑du‑Rhône (4,1 %). La plupart des départements ruraux restent sous les 1 %.

Chirurgiens‑dentistes : effectifs en hausse et quasi‑parité
La France comptait 47 222 chirurgiens‑dentistes en 2023, soit + 2,5 % en un an, une hausse plus rapide qu’en 2022 (+ 1,5 %). Au 1er janvier 2025, on dénombrait 47 636 praticiens en activité, soit une hausse de 17,7 % en treize ans, selon les données diffusées par la Drees en juillet dernier.
La profession est désormais presque paritaire : 49 % de femmes et 51 % d’hommes, contre 48 % seulement en 2021. L’âge moyen est de 44,8 ans. Le mode d’exercice reste massivement libéral (82 %). 16 % des praticiens déclarent avoir une spécialité ou une spécificité d’exercice, majoritairement l’implantologie (8 %), devant l’orthodontie (6 %) et la parodontologie (4 %).

Une branche fortement créatrice d’emplois
Avec 69 200 salariés au 31 décembre 2023, dont 54 200 ETP (équivalents temps plein), la branche connaît une croissance notable : + 5,5 % de salariés en un an, soit 3 600 postes supplémentaires. Ce dynamisme surpasse de loin celui du secteur santé en général (+ 1 %) et de l’économie (+ 0,5 %). La spécificité du secteur dentaire se confirme : 74 % des salariés travaillent dans des cabinets de 1 à 9 salariés. « Ce constat est très spécifique à la branche, puisqu’à titre de comparaison, seulement 36 % des salariés du secteur de la santé humaine et 21 % dans l’ensemble de l’économie travaillent dans de si petites structures », remarque le rapport.
La féminisation est particulièrement élevée : 92 % des salariés sont des femmes, contre 86 % dans la santé humaine et 45 % dans l’économie globale. L’âge moyen s’établit à 40,5 ans (37 ans pour les hommes, 41,5 ans pour les femmes).

L’assistant dentaire au cœur du fonctionnement du cabinet
La profession salariée majoritaire est celle d’assistant(e) dentaire : 59 % des effectifs, suivie des secrétaires‑réceptionnistes (14 %) et des chirurgiens‑dentistes salariés (10 %). Les agents d’entretien représentent 9,5 %. En équivalents temps plein, les assistants dentaires pèsent encore davantage (67 % des ETP), là où les agents d’entretien et chirurgiens salariés sont plus souvent à temps partiel (3 % et 8,5 %).
L’ancienneté dans le cabinet atteint 7 ans ; dans le métier, 13 ans, avec 40 % des salariés affichant 13 ans ou plus d’expérience.
Le temps plein représente 61 % des postes, mais le temps de travail est « imposé » dans 65 % des cas. Les salariés rajeunissent : l’âge moyen est passé de 43 à 40,5 ans entre 2021 et 2023.

Le travail à 4 mains constitue la principale composante du temps de travail quotidien, représentant en moyenne 44 %, et jusqu’à 56 % dans les cabinets comptant 6 salariés ou plus. À l’inverse, les tâches administratives sont davantage présentes dans les plus petites structures, atteignant 34 % du temps dans les cabinets avec un seul salarié, contre seulement 12 % dans les plus grandes. La part consacrée à la stérilisation reste relativement stable, quelle que soit la taille du cabinet, variant entre 19 % et 23 %.

Opportunité professionnelle
S’agissant des raisons invoquées par les salariés pour intégrer la branche dentaire, « l’opportunité professionnelle constitue la principale porte d’entrée dans la profession pour la plupart des métiers, notamment chez les secrétaires (50 %) et les aides dentaires (46 %), selon le rapport. Les assistant(e)s dentaires font exception, avec une part plus importante de choix volontaires (44 %) ». 77 % des salariés disent souhaiter évoluer dans leur métier. Leurs principales motivations : l’acquisition de nouvelles compétences (90 %) et la revalorisation salariale (83 %). Cette demande de rémunération est particulièrement présente chez les assistant(e)s et aides dentaires (90 %).

Recrutement et attractivité
Selon l’enquête, 11 % des chirurgiens‑dentistes interrogés en 2025 prévoient de recruter, soit 4 550 embauches potentielles (7 % des effectifs). Les profils les plus recherchés restent les assistant(e)s dentaires (70,5 % des intentions d’embauche) et les secrétaires‑réceptionnistes (16 %). Le turnover annuel atteint 24 %.

Formation : un secteur très structuré
Le rapport recense 16 957 actions de formation en 2023. Après un pic en 2022, la tendance se stabilise (- 9 %). Les contrats d’apprentissage diminuent à 2 424 (- 12 %), mais les contrats de professionnalisation augmentent fortement à 4 905 (+ 28 %).
La formation continue reste massive. En 2023, 65 % des salariés ont suivi une formation obligatoire, avec des taux plus élevés dans les grandes structures (76 %) et chez les assistants dentaires (72 %). L’AFGSU2 est suivie par 59 % des salariés formés, loin devant la MAJGRI (Mise à Jour de la Gestion des Risques Infectieux) 32 % et les autres formations (15 %).
La majorité des autres formations continues suivies sont initiées par les salariés eux‑mêmes (78 %), tout en étant financées par l’employeur. À l’inverse, 47 % des formations sont imposées par l’employeur, et seulement 5 % sont suivies de façon totalement autonome par le salarié, sans prise en charge par l’employeur. Stérilisation, hygiène et gestion du risque infectieux, mais aussi l’hypnose, la communication et la gestion du patient, ainsi que la gestion du cabinet, sont les thèmes de formation les plus largement cités.

Absentéisme en hausse
Le taux d’absentéisme s’élève à 10,17 jours d’arrêt par salarié en moyenne en 2024, soit un taux de 3,66 %, en légère hausse sur un an. 23,26 % des salariés ont été arrêtés au moins une fois dans l’année. La majeure partie des arrêts de travail est de 4 à 15 jours (37 %) ou de trois jours au plus (22 %).
En 2023, il y a eu 340 accidents du travail — manutention (37 %), chutes de plain‑pied (22 %), chutes de hauteur (19 %) —, 23 nouvelles incapacités permanentes et 34 043 journées perdues. Les salariés âgés de moins de 30 ans sont les plus touchés par les accidents du travail (31 %).

Rémunérations : des écarts selon les métiers
Les données du rapport montrent des rémunérations annuelles brutes (toutes composantes comprises : salaire de base, heures complémentaires, primes, indemnités, participation/intéressement) très contrastées.
Les assistant(e)s dentaires perçoivent un salaire annuel brut moyen de 28 300 €, pour une médiane de 27 950 €, les secrétaires‑réceptionnistes 29 950 €, avec une médiane légèrement inférieure à 30 550 €. Les agents d’entretien sont rémunérés en moyenne 26 400 €.

Enfin, le rapport recense seulement 16 accords d’entreprise signés en 2023, en forte baisse par rapport à 2022 (- 41 %, après + 50 % en 2022). Des accords essentiellement centrés sur le temps de travail : aménagement (modulation, annualisation, cycles) 44 %, heures supplémentaires (contingent, majoration) 25 %, ou forfaits heures/jours 19 %.

Méthodologie du rapport
Le rapport 2025 repose sur une démarche en trois phases :
– Audit et collecte des données : 93 bases issues de Dares, Insee, Acoss, Assurance maladie, Ordre national, CARCDSF, France Travail, OPCO EP, etc.
– Enquêtes sociales 2025 auprès de 942 salariés et 1 132 chirurgiens‑dentistes, soit 2 074 questionnaires recueillis entre mars et juin 2025.
– Redressement statistique assuré par Pragma Études pour garantir représentativité et fiabilité.

 

Thèmes abordés

Commentaires

Laisser un commentaire

Sur le même sujet

Vie de la profession

Vianney Descroix, réélu à la présidence de la Conférence des doyens des facultés d’odontologie

Le professeur Vianney Descroix a été réélu le 19 mars à la présidence de la Conférence des doyens des facultés...
Vie de la profession

Article réservé à nos abonnés Revenus professionnels 2024 en baisse, effectifs en hausse

Après une hausse franche de + 3,53 % en 2023, les revenus professionnels 2024 sont en baisse de – 2,31...
Vie de la profession

Le Comident contribue à la nouvelle feuille de route de décarbonation des industries de santé

Le Comident, l’organisation représentant les fabricants et distributeurs de matériels du secteur dentaire, a pris part à l’élaboration de la...
Vie de la profession

Nouveau président et nouveau bureau pour l’Académie nationale de chirurgie dentaire

Le 4 mars, le conseil d’administration de l’Académie nationale de chirurgie dentaire (ANCD) a élu son nouveau bureau dont voici...
Vie de la profession

Congrès de printemps du SFCD

Le Syndicat des femmes chirurgiens‑dentistes (SFCD) tiendra son congrès de printemps à Bordeaux les 26 et 27 mars 2026. Au programme...
Vie de la profession

L’Agence du DPC désinscrit 3 000 professionnels après la détection « d’inscriptions atypiques »

L’Agence nationale du DPC annonce avoir procédé à la désinscription préventive de plus de 3 000 inscriptions, soit « un désengagement...