Entretien avec le Sénateur Raphaël Daubet

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  • Publié le . Paru dans Profession Assistant(e) Dentaire n°2 - 15 mars 2026 (page 16-18)
Information dentaire
À la suite de sa venue à la Journée Nationale des Assistants Dentaires (Jnad) le 3 avril 2026 à Paris, le Sénateur Raphaël Daubet a accordé à Julien Brousseaud, rédacteur en chef de la revue Profession Assistant(e) Dentaire, un long échange, sans filtre, au cœur du projet de transformation du métier d’Assistant dentaire. Chirurgien-dentiste de formation et auteur de la proposition de loi créant la profession d’Assistant en santé bucco-dentaire, adoptée le 6 novembre 2025 au Sénat, Raphaël Daubet revient ici sur les origines du projet, ses freins, ses enjeux et les implications concrètes attendues dans les cabinets dentaires. Blocages politiques, incohérences juridiques, arbitrages sensibles, risques de dérives… Rien n’est éludé. Derrière les annonces, ce sont surtout des réponses concrètes qui émergent sur ce que sera réellement le futur Assistant en santé bucco-dentaire : ce qu’il pourra faire, jusqu’où ira son autonomie, et ce que cela pourra changer dans nos cabinets. À l’heure où la profession cherche des solutions pour améliorer l’accès aux soins et pallier la désertification médicale, cet entretien apporte des éléments clairs et ouvre de nouveaux débats.

« La richesse du métier d’Assistant dentaire reste insuffisamment visible »

Dr Raphaël Daubet
Chirurgien-dentiste et Sénateur, à l’origine de la proposition de loi visant à créer la profession d’Assistant en santé bucco-dentaire


Julien Brousseaud : Alors que la création du métier d’Assistant dentaire de niveau 2 est discutée depuis de nombreuses années, elle ne s’est toujours pas concrétisée. Où en est-on aujourd’hui et quels sont, selon vous, les principaux freins à son déploiement effectif ?

Raphaël Daubet : Contrairement à ce que beaucoup ont pu penser, le blocage n’était pas politique. Il était avant tout technico-­juridique. En fait, la première volonté politique émanait de Stéphanie Rist, aujourd’hui ministre de la Santé, qui avait porté la loi Rist en 2023*. Le texte initial, très généraliste, comportait une incohérence : il prévoyait une montée en compétences des Assistants dentaires – qui détiennent actuellement un titre de niveau IV (baccalauréat) – sous réserve de l’obtention d’un titre de formation complémentaire mais toujours de niveau IV. Or, sans un niveau de formation de niveau V (bac+2), il devenait impossible pour les futurs « Assistants dentaires de niveau 2 » de réaliser des actes cliniques sur patients. Cela a rendu impossible la publication des décrets. Le ministère était donc dans une impasse : une loi votée, mais inapplicable. La solution a consisté à changer de logique. Plutôt que de faire évoluer un statut existant de manière artificielle, nous avons choisi de créer un nouveau métier, celui d’Assistant en santé bucco-dentaire, avec un cadre clair, cohérent avec le niveau de formation attendu. Ce nouveau métier peut répondre aux exigences d’une formation bac+2 et donc d’un titre de niveau 5. Grâce à une concertation avec tous les organismes, le Conseil de l’Ordre, les syndicats…, il me semble qu’aujourd’hui, nous avons trouvé un consensus…

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