« La richesse du métier d’Assistant dentaire reste insuffisamment visible »
Dr Raphaël Daubet
Chirurgien-dentiste et Sénateur, à l’origine de la proposition de loi visant à créer la profession d’Assistant en santé bucco-dentaire
Julien Brousseaud : Alors que la création du métier d’Assistant dentaire de niveau 2 est discutée depuis de nombreuses années, elle ne s’est toujours pas concrétisée. Où en est-on aujourd’hui et quels sont, selon vous, les principaux freins à son déploiement effectif ?
Raphaël Daubet : Contrairement à ce que beaucoup ont pu penser, le blocage n’était pas politique. Il était avant tout technico-juridique. En fait, la première volonté politique émanait de Stéphanie Rist, aujourd’hui ministre de la Santé, qui avait porté la loi Rist en 2023*. Le texte initial, très généraliste, comportait une incohérence : il prévoyait une montée en compétences des Assistants dentaires – qui détiennent actuellement un titre de niveau IV (baccalauréat) – sous réserve de l’obtention d’un titre de formation complémentaire mais toujours de niveau IV. Or, sans un niveau de formation de niveau V (bac+2), il devenait impossible pour les futurs « Assistants dentaires de niveau 2 » de réaliser des actes cliniques sur patients. Cela a rendu impossible la publication des décrets. Le ministère était donc dans une impasse : une loi votée, mais inapplicable. La solution a consisté à changer de logique. Plutôt que de faire évoluer un statut existant de manière artificielle, nous avons choisi de créer un nouveau métier, celui d’Assistant en santé bucco-dentaire, avec un cadre clair, cohérent avec le niveau de formation attendu. Ce nouveau métier peut répondre aux exigences d’une formation bac+2 et donc d’un titre de niveau 5. Grâce à une concertation avec tous les organismes, le Conseil de l’Ordre, les syndicats…, il me semble qu’aujourd’hui, nous avons trouvé un consensus…