9 professionnels de santé et citoyens sur 10 se déclarent attachés à notre modèle de protection sociale. » C’est l’un des résultats saillants de la consultation menée dans le cadre des « États généraux de la santé et de la protection sociale », dévoilée le 10 mars par la Mutualité Française. Cette démarche, conduite du 17 novembre 2025 au 17 février 2026 et portée par un collectif de plus de cinquante organisations (acteurs de santé, usagers, syndicats, employeurs, etc.), a rassemblé 76 873 participants, dont 64 090 citoyens et 12 783 professionnels de santé et de l’accompagnement, salariés ou libéraux. Au total, 2 293 418 contributions et 405 007 verbatims ont été recueillis. Quatre‑vingts ans après la création de la Sécurité sociale, les principes de solidarité, d’égalité et d’universalité suscitent une adhésion large : « Les propositions de restriction ou d’exclusion restent marginales », note la Mutualité. Les répondants soulignent néanmoins les limites du système, jugé perfectible, et appellent à un modèle « plus simple, plus efficace et financièrement soutenable ». Les priorités exprimées convergent entre citoyens et professionnels : garantir un accès aux soins de qualité pour tous (50 % des citoyens, 47 % des professionnels), réduire les délais d’attente (53 % et 43 %), et mieux reconnaître les professionnels de santé et de l’accompagnement (27 % et 47 %).
Couverture prévoyance obligatoire
La maîtrise des dépenses apparaît également centrale (74 % des citoyens, 63 % des professionnels), tout comme la lutte contre la fraude. Les répondants se disent prêts à des évolutions organisationnelles : partage accru du dossier médical, coopérations entre professions, simplification administrative ou recentrage de l’hôpital sur les actes complexes. Plusieurs enjeux de long terme émergent également. La prévention est identifiée comme un levier stratégique, 87 % des citoyens reconnaissant l’impact de l’environnement sur la santé. La santé mentale, thème ayant généré le plus de contributions, reflète une préoccupation croissante, notamment chez les jeunes et les femmes. La perte d’autonomie constitue enfin un point important : 73 % des citoyens se déclarent peu préparés, mais 68 % des participants – et 74 % des professionnels – soutiennent l’idée d’une couverture prévoyance obligatoire. Les États généraux entrent désormais dans leur phase de co‑construction, prévue de mars à juin 2026, avec des ateliers territoriaux, des groupes de travail nationaux et une convention démocratique de 50 citoyens tirés au sort parmi ceux ayant répondu à la consultation, chargée de tester l’acceptabilité sociale des propositions qui font le plus débat. Des propositions finales en vue de la présidentielle de 2027 sont attendues à l’automne.
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