Près de trois Français sur quatre déclarent avoir renoncé à au moins un acte de soin au cours des cinq dernières années, soit 73 %, contre 63 % en 2024, révèle la troisième édition du baromètre Fédération hospitalière de France (FHF) réalisé par Ipsos/BVA du 18 au 24 février auprès d’un échantillon représentatif de 2 500 personnes.
Cette hausse de dix points représente environ sept millions de personnes supplémentaires confrontées à un renoncement. Dans plus de la moitié des cas, ce renoncement est lié à l’allongement des délais d’attente.
Il faut désormais près de deux semaines pour obtenir un rendez‑vous chez un généraliste, contre quatre jours en 2019. Les délais atteignent quatre mois pour un dermatologue, contre deux mois en 2019, et trois mois pour un cardiologue, contre un mois et demi. Le sondage n’évoque pas le cas des chirurgiens‑dentistes.
La dimension financière demeure un frein important : 40 % des personnes ayant renoncé à un soin évoquent des raisons économiques. La situation se révèle particulièrement préoccupante chez les moins de 35 ans : 85 % déclarent avoir renoncé à des soins, et 57 % se sont déjà rendus aux urgences sans motif d’urgence médicale.
L’étude souligne que la dégradation de l’accès aux soins pèse directement sur l’hôpital public. Un Français sur deux indique s’être déjà présenté aux urgences faute d’alternative. Malgré ces tensions, l’activité hospitalière reste dynamique, avec une hausse de 4,3 % des séjours en 2024 et près de 5 % en 2025.
Enfin, 90 % des Français se disent en colère face au manque de moyens de l’hôpital public, et sept sur dix craignent de ne pas pouvoir accéder à des soins de qualité en cas de besoin urgent.
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