Genève renonce à une assurance dentaire obligatoire

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Le canton de Genève a repoussé, le 10 février, l’instauration d’une assurance publique obligatoire pour les soins dentaires financée par un prélèvement sur les salaires de 1 % (côté salariés comme employeurs), pour un coût total estimé entre 132 et 228 millions d’euros par an. Le score est sans appel : 54,76 % des Genevois ont dit non à cette initiative « Pour le remboursement des soins dentaires » lancée par les partis de gauche et les syndicats (43,83 % de participation). Ces derniers estiment que la couverture actuelle fournie par les assurances sociales n’est pas suffisante. Chaque année, les Suisses consacrent un peu plus 3,5 milliards d’euros à leurs soins dentaires, qu’ils financent de leurs poches à près de 90 %. Le reste étant pris en charge par des assurances privées (4 %) et des assurances sociales obligatoires (6 %). En dentaire, l’État ne couvre que le coût des traitements induits par une maladie grave et non évitable.
Le « modèle suisse » repose sur la prévention, partant du principe que les caries et la perte de dents sont évitables. « Dans le cadre des soins dentaires scolaires, les enfants et adolescents apprennent à prendre soin de leurs dents et les médecins-dentistes s’engagent dans des campagnes de prophylaxie instruisant leurs patients personnellement en matière d’hygiène bucco-dentaire, écrit la Société suisse des médecins-dentistes (l’équivalent de l’Ordre), sur son site internet. Ce modèle économiquement efficace incite la population à avoir une bonne hygiène bucco-dentaire. » Mais, selon les initiateurs du référendum, environ 20 % de la population renoncerait à des soins dentaires faute de moyens.
Faux, selon l’Association des médecins-dentistes de Genève (AMDG), qui a appelé à voter contre cette proposition. Le taux de renoncement pour raisons financièrement serait de 3,4 % dans le canton, tandis que les efforts de prévention ont réduit la prévalence de la carie de 90 % en un demi-siècle. « Mais nous sommes prêts à intensifier la prévention et à collaborer avec les autorités pour augmenter les mesures ciblées en faveur des groupes à risque : les personnes âgées, les migrants, les personnes en situation de précarité qui n’ont pas droit aux prestations sociales, concède cependant Martine Riesen, présidente de AMDG, dans les colonnes du quotidien Le Temps du 11 février, au lendemain du vote. On pourrait imaginer une aide financière. La balle est dans le camp de l’État. »

En mars dernier déjà, le canton de Vaud avait refusé à 57,5 % un projet similaire. Projets également en discussion dans d’autres cantons comme Neuchâtel, le Valais ou le Tessin.

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