Hommage à Olivier Guastalla

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Quelque 72 heures après cette cruelle déflagration, la vie a beaucoup de mal à reprendre son cours comme pour énormément d’entre nous je l’imagine.
 
J’ai connu Olivier en 1998 à Montrouge. Il faisait partie de notre première génération d’internes à l’époque. Il faisait son clinicat à l’hôpital Albert Chenevier de Créteil. Je le côtoyais dans les soirées pédagogiques à la faculté et j’avais été convié à évaluer – mais surtout avant tout à apprécier – son travail de fin d’internat dans les jurys de fin d’année.
 
Olivier appartenait donc à cette première « Dream Team » de jeunes internes que l’on connaît bien aujourd’hui et qui écrivent les plus belles pages de la dentisterie contemporaine française et internationale. Je citerai en particulier Nicolas Lehmann (Nico), Frederick Bukiet (Fredo) et Stefen Koubi (Stef).
On se voyait furtivement à l’époque, n’étant pas dans le même service hospitalier. Olivier travaillait au plus près des Prs Michel Degrange, Michael Sadoun et Monique Brion entre autres. Il avait fait un travail très fouillé et très fin (scientifique et clinique) à l’époque sur les systèmes céramo-céramiques.
 
Les années qui suivirent nous rapprochèrent de plus en plus et nous échangions souvent sur nos doutes, s’agissant de tel ou tel protocole de collage, de tel ou tel concept, mais aussi sur les avancées de notre profession. Plus récemment, nous échangions à de multiples reprises sur les enjeux de notre métier et plus récemment encore sur l’étau qui se resserrait sur une profession en pleine mutation. Les tensions extrêmes de ces derniers mois nous amenaient, à notre petit niveau, à tenter de créer un front de coalition, mais surtout de soutien à l’ensemble de nos confrères déboussolés et perdus au cœur d’une tempête annoncée.
 
Au-delà de ces discussions, nous avions passé le congrès de Métamorphose en 2017 ensemble à Strasbourg. Nous nous retrouvions en accord quasi évident sur tous les aspects touchant à l’adhésion et au collage s’agissant de nos maigres certitudes, mais surtout de nos doutes profonds et de nos remises en question permanentes.
Nous échangions également, souvent en complices, s’agissant de nos deux unités de formation continue. Le congrès « Clinic All » fin juin avait été une totale réussite. Je l’avais chaleureusement encouragé quelques jours auparavant et m’étais empressé de lui rapporter les retours que j’avais eus quelques jours après, qui étaient tous dithyrambiques.
 
Il était si heureux que, comme tous les passionnés, il s’était déjà projeté sur le suivant. Je m’étais même permis, il y a quelques jours encore, de lui murmurer un nom de jeune praticien talentueux pour sa partie implantologie. Il y avait d’ailleurs déjà pensé.
 
Enfin, nous partagions une autre passion, la photographie. Olivier avait un « œil aiguisé », mais avant tout, et c’est probablement le plus important, un « sublime œil », touchant et attentif sur tout ce se passait autour de lui. Il m’encourageait et me conseillait comme en août 2017 pour l’acquisition de mon premier drone, avec tellement de gentillesse, de précision et de compétence qui le caractérisaient tant.
 
Olivier était d’une immense compétence professionnelle dans quasiment tous les domaines de notre Art. Il était doux, souriant, aimable, au sens étymologique du terme, attentif, droit, juste, respectueux, altruiste mais avant tout « engagé » et « passionné » ! Nous avions tellement besoin de gens comme toi Olivier.
 
Nous aimions rire et blaguer, comme lors de nos derniers échanges d’avant les vacances d’été lors du match Belgique/France du 10 juillet. Bon, ce jour-là, nous avons certes perdu nos amis à l’issue de ce match, mais, surtout, je retiendrai que tu n’as malheureusement pas pu venir boire quelques verres de Château Marbuzet…
Olivier, tu vas me manquer comme à tous tes innombrables ami(e)s anéantis comme je le suis encore aujourd’hui, et qui témoignent toute leur amitié et leurs condoléances sur les réseaux que tu animais à merveille pour tous les confrères de France.
 
Ça fait si chaud au cœur de lire tous ces témoignages et, en même temps, chacun d’entre eux nous ramène douloureusement à la terrible réalité, celle de nous avoir quittés trop cruellement, trop vite, trop tôt… Injustement !
Une promesse Olivier, tu ne partiras pas ainsi sans une suite… Ce n’est pas possible… Je m’y engage !
Repose en paix Olivier.
 
Gil Tirlet
au nom de la première génération

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