Implants courts et patients atteints de lichen plan oral réticulé et érosif

  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire
Information dentaire

L’implantologie présente des indications et des contre-indications chirurgicales. Concernant les pathologies de la muqueuse buccale, les publications scientifiques sont peu nombreuses et rapportent souvent des cas cliniques. Une meilleure connaissance de l’implantologie dans ce contexte permettra d’améliorer les indications et la réalisation ou non de cette thérapeutique chirurgicale. Une revue de la littérature publiée par Nathan Moreau et ses collaborateurs dans Médecine buccale Chirurgie buccale en 2016 faisait état de ce questionnement.
Ici, la publication lue et analysée traite de la réalisation d’implants courts chez des patients atteints de lichen plan oral réticulé et érosif. Les auteurs (une équipe espagnole) ont analysé rétrospectivement la survie d’implants courts posés (≤ 8,5 mm de long) chez des patients présentant un lichen plan buccal. Cette maladie est associée au phénomène de Koebner et les traumatismes peuvent exacerber ces lésions.
Les objectifs secondaires étaient d’analyser la perte marginale osseuse péri-implantaire et l’apparition de complications.
 
Soixante-six implants courts ont été placés chez 23 patients (20 femmes, 3 hommes) avec un âge moyen de 58 ans. La perte osseuse péri-implantaire moyenne était de 0,96 mm en mésial et de 0,99 mm distalement. Soixante-cinq des 66 implants ont survécu, avec une survie moyenne de 68 mois, soit un peu plus de 5 ans, et de 63 mois après mise en charge. Aucune différence significative n’a été remarquée entre les patients ayant un lichen érosif et réticulé. Les auteurs concluent donc que des implants courts peuvent être placés chez des patients atteints de lichen plan buccal.
 
Cependant, il existe des limites. Tout d’abord, comme il s’agit d’une étude rétrospective, des données manquent sur le lichen (traitement mis en place au long cours, ancienneté de la maladie par rapport à la pose d’implants). Les auteurs décrivent 6 patients ayant un lichen plan non stabilisé par les traitements, mais ne donnent pas d’informations sur la survie implantaire ou les complications dans ce groupe.
 
De plus, concernant l’attache épithéliale péri-implantaire (présence/absence de gencive attachée ; inflammation), aucune donnée n’est renseignée.
Enfin, la perte marginale et la cratérisation éventuelle avec en corollaire l’inflammation et le microbiote ne risquent-elles pas de générer une perte de stabilité du lichen plan buccal ?
La survie implantaire étant de 5 ans, des études à long terme sont nécessaires pour évaluer et affiner ces résultats.

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