Journées internationales du Collège National d’Occlusodontologie

  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°3 - 22 janvier 2020
Information dentaire
Direction Arras les 12 et 13 mars prochains pour la 37e rencontre annuelle du CNO, organisée par l’équipe du CNO Nord, sous la présidence de Mike Cotelle. Les dysfonctions temporo-mandibulaires (DTM) y seront traitées sous un angle original et novateur : prévention et adaptation. L’occasion d’aborder quatre thèmes que nous vous présentons ici.

Prévention des DTM

Sylvie Azogui-Levy (Paris) introduira le congrès en abordant la notion de prévention qui décrit l’ensemble des actions, des attitudes et comportements qui tendent à éviter la survenue de maladies ou de traumatismes, ou à maintenir et améliorer la santé.

Jean-Daniel Orthlieb (Marseille) présentera une vision claire des DTM. Si l’étiopathogénie doit se comprendre dans un modèle à trois dimensions – mécanique, psychologique et biologique –, le diagnostic est principalement clinique et souvent simple. La prise en charge non invasive par conseils, rééducation comportementale et physiothérapie est largement efficiente. Les vraies difficultés thérapeutiques sont liées à la superposition d’un syndrome douloureux chronique, d’une hypervigilance, d’une occlusoconscience exacerbée, le tout souvent provoqué par des traitements mal conduits (fig. 1 et 2).

Gauthier Cazals (Agen) proposera une approche diagnostique basée sur les critères DC/TMD, structurée autour d’une fiche clinique permettant un diagnostic de DTM ainsi que la recherche des facteurs de risques associés. Il développera deux approches : la première consiste en un rapide diagnostic de dépistage systématique des patients avant une prise en charge de soins au cabinet dentaire, la deuxième est une consultation plus spécifique, à réserver aux patients consultant pour un DTM.

DTM et occlusion

Sandro Palla (Zurich, Suisse) montrera que s’il est admis que l’occlusion dentaire a un rôle majeur dans l’amélioration des traitements restaurateurs, elle ne doit cependant plus être considérée simplement comme le schéma occlusal déterminant les relations statiques ou dynamiques entre les arcades dentaires ou la position des maxillaires, mais dans un cadre plus large. Ainsi, les patients hypervigilants vis-à-vis de l’environnement buccal sont probablement plus sensibles aux stimuli anormaux. Néanmoins, l’hypervigilance est probablement une cause nécessaire, mais non suffisante de mauvaise adaptation, comme lors d’hypervigilance occlusale symptomatique. Cela nécessite un déséquilibre entre les processus perceptifs et cognitifs, ainsi qu’une affectivité négative et un comportement anormal de maladie. Enfin, reconnaître que la neuroplasticité sensorimotrice ne conduit pas toujours à une adaptation spécifique du comportement moteur au contexte, empêche de mener des traitements erronés et potentiellement nocifs.

Ambra Michelotti (Naples, Italie) rappellera que si l’occlusion a été considérée pendant des années comme l’un des principaux facteurs étiologiques des DTM, les relations entre DTM et dysfonctions occlusales signalées à l’heure actuelle à travers les études sont peu nombreuses. De plus, la correction de la malocclusion par un traitement orthodontique n’a pas modifié le risque de développer des bruits de l’ATM. Par conséquent, aujourd’hui, le rôle de l’occlusion dans l’étiologie des DTM n’est pas clairement abordé et ne doit donc pas être surestimé, considérant également que, dans certains cas, les modifications occlusales pourraient être la conséquence plutôt que la cause des DTM.

En règle générale, un traitement de restauration ou orthodontique ne doit pas être initié tant qu’un patient souffre de douleurs faciales. Après résolution de la symptomatologie douloureuse, en suivant une approche thérapeutique axée sur les symptômes et comportementale, le traitement dentaire peut être poursuivi comme prévu initialement ou, si nécessaire, modifié selon l’état et la prise en charge du patient. L’intervenante montrera par ailleurs les protocoles de prévention des DTM pendant les traitements d’orthodontie, détaillera comment traiter orthodontiquement, et assurer le suivi des patients orthodontiques (fig. 3).

3. Orthodontie et DTM.

DTM et comorbidités

Fernando Exposto (Aarhus, Danemark) démontrera le fait que si les DTM sont des troubles biopsychosociaux et multifactoriels, il est peu probable qu’un facteur unique soit responsable. De nombreux facteurs liés au mode de vie ont été associés à un DTM douloureux, notamment le stress, la qualité du sommeil, la prise de médicaments et d’alcool ainsi que le tabagisme.

Philippe Villeneuve (Paris) abordera les aspects complexes du contrôle postural en rapport avec l’occlusion et les DTM.

Prises en charge non invasives

Antoon De Laat (Leuven, Belgique) abordera l’évolution naturelle des DTM et l’évolution bénigne de la plupart des symptômes de douleur et de dysfonction. Cela renforce l’approche générale d’une prise en charge réversible, non invasive et faiblement technologique. Afin de soutenir l’évolution naturelle bénigne, il est de la plus haute importance d’impliquer le patient dans une prise de décision partagée, en lui expliquant son rôle crucial dans le soutien du processus de santé, pour augmenter ainsi l’alliance thérapeutique et par voie de conséquence renforcer la compliance.

Paul Pionchon (Clermont-Ferrand) argumentera la relation de confiance mutuelle avec le patient pour pouvoir recueillir les éléments diagnostiques nécessaires, afin de l’éclairer et de convenir d’une prise en charge thérapeutique adaptée à la symptomatologie, aux possibilités de cette personne et la rendre dans la mesure du possible acteur de son traitement.

Corine Visscher (Amsterdam, Pays-Bas) présentera les possibilités de la physiothérapie dans la prise en charge des patients atteints de DTM. Pour différents sous-types de DTM, elle présentera les diverses modalités de traitement applicables par les physiothérapeutes dans le cadre du traitement pluridisciplinaire.

Bernard Fleiter (Paris) expliquera que la prise en charge des DTM se résume bien souvent à la réalisation d’une orthèse occlusale. Si ce traitement bien codifié répond favorablement aux objectifs thérapeutiques, à savoir diminuer la douleur articulaire et/ou musculaire, élargir le champ fonctionnel des mouvements mandibulaires et protéger les articulations temporo-mandibulaires ainsi que la denture en présence de bruxisme, elle présente toutefois des limites et des risques dans certains cas, lorsque sa mise en œuvre ne répond pas aux conditions fonctionnelles. 

 

Pour en savoir plus et approfondir ces thèmes, rendez-vous à Arras les 12 et 13 mars.
http://congrescno.org

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