L’OMS veut taxer les boissons sucrées et l’alcool pour financer les systèmes de santé

  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°3 - 27 janvier 2026
Information dentaire

L’OMS exhorte, le 13 janvier, les gouvernements à augmenter significativement les taxes sur les boissons sucrées et alcoolisées. Objectif : réduire leur consommation et financer les systèmes de santé, alors que ces produits restent « de plus en plus abordables » dans la majorité des pays.

Selon deux rapports publiés le même jour, la faiblesse des taxes « permet à des produits nocifs de rester bon marché, tandis que les systèmes de santé subissent une pression financière croissante due aux maladies non transmissibles et aux traumatismes évitables », souligne l’organisation.

Obésité, diabète, maladies cardiovasculaires, cancers, accidents et violences figurent parmi les conséquences sanitaires.

« Les taxes sur les produits nocifs pour la santé sont l’un des outils les plus efficaces dont nous disposons pour promouvoir la santé et prévenir les maladies », affirme le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. « En augmentant les taxes sur des produits comme le tabac, les boissons sucrées et l’alcool, les gouvernements peuvent réduire la consommation et libérer des ressources pour des services de santé essentiels », insiste-t-il.

Le vin exempté de taxe

Les chiffres le confirme : la taxe médiane mondiale ne représente que 2 % du prix d’un soda sucré et reste limitée à certaines catégories de boissons, excluant jus de fruits, cafés ou thés prêts à boire. Pour l’alcool, la part des droits d’accise atteint en moyenne 14 % pour la bière et 22,5 % pour les spiritueux, des niveaux jugés « globalement faibles » par l’OMS.

Le vin demeure exempté dans au moins 25 pays, principalement en Europe.

« Des boissons alcoolisées plus abordables favorisent la violence, les traumatismes et les maladies, tandis que l’industrie réalise des bénéfices et que la société en assume les coûts », assène l’OMS.
L’organisation recommande donc d’étendre la taxation à l’ensemble des produits sucrés et alcoolisés, d’ajuster les taux à l’inflation et de renforcer les politiques fiscales pour freiner la consommation. « Les droits d’accise devraient s’appliquer à toutes les boissons alcoolisées », insiste le rapport.

Pour l’OMS, la fiscalité sanitaire est une mesure « simple, efficace et rentable » pour sauver des vies et réduire les inégalités face aux maladies chroniques. Les États pourront-ils suivre cette recommandation face aux pressions des industries concernées ?

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