Les agissements d’un réseau de soins ne peuvent être retenus contre un praticien

  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire
Information dentaire
Un chirurgien-dentiste adhérent d’un réseau de soins, Santéclair en l’espèce, ne se rend coupable ni de compérage, ni de publicité prohibée, ni d’un détournement ou de tentative de détournement de patientèle, a jugé coup sur coup le Conseil d’État dans deux décisions rendues les 19 décembre 2018 et le 1er février. Le Conseil ne se penchait pas sur les agissements de Santéclair, mais sur le fait de savoir si ces agissements pouvaient être retenus à l’encontre des praticiens adhérents.
Dans les deux jugements, la plus haute juridiction administrative était saisie par un chirurgien-dentiste qui avait porté plainte auprès du conseil départemental de l’Ordre, puis en appel auprès du conseil national contre des confrères adhérents au réseau Santéclair. Les noms de ces praticiens avaient été proposés par le réseau de soins aux patients des plaignants pour leur permettre de bénéficier d’un reste à charge plus faible. Dans les deux cas, la chambre de discipline du conseil national avait rejeté la demande des chirurgiens-dentistes qui souhaitaient donc que le Conseil d’État invalide ces décisions. Mais au « vue des pièces transmises », celui-ci conforte les décisions ordinales.
Ainsi, le contrat d’adhésion à Santéclair signé par les praticiens incriminés « ne stipule ni que les honoraires pratiqués varient selon que le patient est, ou non, bénéficiaire des services de Santéclair ni que Santéclair s’engage à orienter les patients bénéficiaires vers les praticiens adhérents », et que ce contrat « consiste seulement à communiquer aux patients bénéficiaires de ses services, sur leur demande, les coordonnées des praticiens adhérents à Santéclair et les honoraires qu’ils pratiquent ».
Dès lors, ces praticiens « n’ont pas méconnu l’interdiction de compérage et n’ont pas commis de détournement ou de tentative de détournement de clientèle », comme l’a jugé le Conseil national de l’Ordre. De même, les courriels adressés par Santéclair aux patients montrent, d’une part, que ces derniers avaient fait d’eux-mêmes une démarche auprès de la plateforme « en vue de se voir communiquer le nom de praticiens adhérents à Santéclair » et que, d’autre part, les informations communiquées par Santéclair sur les honoraires qu’ils pratiquaient étaient « objectives ». Là encore, comme l’avait jugé le Conseil national de l’Ordre, le conseil d’État estime qu’il n’y a pas, de la part des praticiens adhérents, « de procédés publicitaires prohibés par le Code de la santé publique ».

Thèmes abordés

Commentaires

Laisser un commentaire

Sur le même sujet

Vie de la profession

Ticket modérateur en dentaire : l’Union dentaire appelle les syndicats à faire front commun

Le président de l’Union Dentaire, Elie Sfeir, lance un appel à l’unité des organisations représentatives de la profession pour combattre...
Vie de la profession

Présidentielle 2027 : six URPS veulent faire entendre la voix des chirurgiens-dentistes

L’initiative, portée par les URPS chirurgiens-dentistes d’Auvergne-Rhône-Alpes, du Grand Est, d’Île-de-France, de l’Océan Indien, de Provence-Alpes-Côte d’Azur et des Hauts-de-France,...
Vie de la profession

Rayonnements ionisants : la quasi-totalité du secteur dentaire sous le seuil d’enregistrement

Une augmentation sensible qui s’explique, selon l’ASNR, par « une meilleure transmission des résultats dosimétriques à SISERI (le système d’information...
Vie de la profession

Gueules Cassées : repenser le parcours de soins de l’urgence au rétablissement

La fondation des « Gueules Cassées » organisera les 27 et 28 octobre 2026 au Novotel Paris Centre Tour Eiffel...
Vie de la profession

L’ADF lance une application unique pour ses contenus et événements

L’outil donne accès aux actualités professionnelles, au magazine numérique Tooth, aux publications de l’association, au programme Toothtorat ainsi qu’aux différents...
Vie de la profession

Le coût de la rentrée en odontologie dépasse les 4 000 euros, alerte l’UNECD

4 042,73 € : c’est le montant moyen que devront débourser cette année les étudiants non boursiers entrant en deuxième...