Lutte contre les cancers ORL : la piste du chewing-gum

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Information dentaire

Uneétude publiée le 9 février 2026 dans Scientific Reportssuggère qu’une gomme à mâcher bio‑ingénierée (modifiée à l’aide de techniques d’ingénierie biologique), pourrait réduire fortement certains agents microbiens associés aux cancers ORL, notamment le papillomavirus humain (HPV) et deux bactéries anaérobies impliquées dans la carcinogénèse orale, Porphyromonas gingivalis et Fusobacterium nucleatum.

Les auteurs, issus de la Faculté dentaire de l’Université de Pennsylvanie, rappellent que ces agents sont fréquemment retrouvés à des concentrations élevées chez les patients atteints de carcinomes épidermoïdes de la tête et du cou (HNSCC) et que leur abondance est associée à une survie moins favorable.

L’étude repose sur des essais ex vivo, réalisés à partir d’échantillons de salive et de rinçage buccal prélevés chez des patients atteints de HNSCC et chez des témoins.

Les chercheurs ont évalué l’effet d’une gomme issue d’une fève (Lablab purpureus – appelé pois antaque ou zantac à La Réunion) contenant une lectine antivirale seule (une protéine d’origine naturelle capable de se fixer spécifiquement sur des glucides présents à la surface de certains virus empêchant leur action infectieuse) ou combinée à un peptide antimicrobien, le protegrin‑1.

Pas de conclusion à ce stade

Les résultats montrent une agrégation de 93 % du HPV dans la salive (93 % des virus ne circulent plus individuellement ils sont regroupés en amas) et de 80 % dans les rinçages buccaux après exposition à la gomme.

L’ajout de protegrin‑1 permet une réduction supérieure à 99 % de P. gingivalis et F. nucleatum en une heure, sans élimination massive de la flore commensale.

Contrairement aux traitements anticancéreux classiques, qui altèrent durablement le microbiote oral, cette approche viserait à réduire localement des agents pro‑tumoraux tout en préservant l’écosystème buccal. Les chercheurs soulignent également l’intérêt potentiel d’un dispositif peu invasif, administré localement et compatible avec des stratégies de prévention.

Les auteurs insistent toutefois sur les limites de leurs travaux. Il ne s’agit pas d’un essai clinique, mais de tests en laboratoire sur des échantillons biologiques. Aucune conclusion ne peut être tirée à ce stade sur une prévention ou un traitement du cancer chez l’humain.

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