En 2024, l’Assurance maladie a remboursé 27,2 milliards d’euros de médicaments délivrés en pharmacies de ville, soit une hausse de 7,2 % sur un an, indique-t-elle le 14 janvier.
Le montant moyen par assuré atteint 437 euros, correspondant à 41 boîtes de médicaments. Au total, 61,8 millions de personnes ont bénéficié d’au moins un remboursement.
Cette progression s’inscrit dans une tendance de fond : le taux de remboursement des médicaments est passé de 80,7 % en 2014 à 87,6 % en 2025, ce qui représente près de 9 euros remboursés pour 10 euros dépensés.
« Les changements que l’on observe aujourd’hui dans les remboursements de médicaments sont significatifs : ils témoignent des progrès récents de la médecine et du rôle central de l’Assurance maladie pour leur prise en charge, afin de préserver la qualité des soins et notre modèle solidaire », selon Thomas Fatôme, directeur général de la Cnam.
Cette évolution reflète la montée en puissance des traitements innovants et onéreux, notamment pour les maladies graves et chroniques.
Entre 2015 et 2025, la répartition des dépenses s’est profondément modifiée. Les médicaments du quotidien restent largement prescrits : le paracétamol demeure la molécule la plus remboursée en volume, avec 430 millions de boîtes en 2024 et 42,5 millions d’assurés concernés. Mais son poids financier reste limité (371,6 millions d’euros).
À l’opposé, les traitements destinés aux pathologies lourdes concentrent une part croissante des montants remboursés. L’oncologie illustre cette transformation : en 2024, les anticancéreux ont représenté 7,1 milliards d’euros de remboursements nets en ville et à l’hôpital. Les antinéoplasiques sont désormais la première classe thérapeutique remboursée en ville, alors qu’ils occupaient la neuvième place en 2015.
Croissance modérée des volumes
Cette dynamique s’explique par l’arrivée de thérapies ciblées et personnalisées, souvent plus coûteuses, et par la hausse du nombre de patients pris en charge.
« Alors qu’en 2015, un seul médicament dépassait le coût de traitement annuel moyen par patient de 100 000 €, on dénombre, en 2025, 21 médicaments au-delà de ce seuil, constate l’Assurance maladie. Les 10 médicaments les plus onéreux en coûts de traitement annuels excèdent aujourd’hui 185 000 € par patient et par an ».
Dans le même temps, certaines familles historiques reculent, comme les traitements de l’hypertension ou les médicaments anticholestérol, sous l’effet des génériques et des baisses de prix. Globalement, les dix premières classes thérapeutiques ont vu leurs dépenses progresser de près de 50 % en dix ans.
Cette inflation des coûts, liée aux innovations, s’accompagne d’une croissance modérée des volumes (+1 % par an en moyenne), mais les dépenses brutes ont bondi de 44 % entre 2019 et 2024, pour atteindre 37,9 milliards d’euros.
Par ailleurs, à fin novembre 2025, 130 millions d’ordonnances numériques avaient été créées depuis le lancement du dispositif. Près de 60 000 médecins en ont élaboré au moins une, soit 55 % des praticiens, et quatre chirurgiens-dentistes sur dix ont déjà adopté ce format.
Commentaires