Une myriade d’acteurs, principalement du monde de la santé (institutions, associations, syndicats…), ont fait part, le 26 mai, dans deux communiqués distincts, de leur soutien à deux pétitions visant à améliorer l’alimentation en France.
La première demande l’ affichage obligatoire du Nutri‑Score sur tous les produits alimentaires. Portée par les chercheurs de l’Inserm, de l’Inrae, de l’université Sorbonne Paris Nord, de l’université Paris Cité et du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), elle a été mise en ligne fin 2025 sur le site internet de l’Assemblée nationale et a recueilli plus de 57 000 signatures à ce jour.
Elle est soutenue par l’Académie nationale de médecine et 78 sociétés savantes ou associations, dont l’UFSBD, mais aussi par l’Assurance maladie ou la Cour des comptes.
Les promoteurs du texte dénoncent une situation dans laquelle « le Nutri‑Score n’étant pas obligatoire, certains grands groupes agroalimentaires refusent de l’afficher », ce qui constitue « une perte de chance pour les citoyens français ». Depuis 2017, l’étiquetage repose sur le volontariat : environ 60 % du marché l’a adopté, mais plusieurs industriels majeurs s’en affranchissent ou s’en retirent (Ferrero, Lactalis, Coca‑Cola, Mars, Mondelez, Kraft, Unilever, Danone, Bjorg, Cristaline…).
« Que faut‑il de plus pour que les législateurs (…) votent une loi ? », interrogent les scientifiques à l’origine de la pétition, qui évoquent une « urgence de santé publique » dans un contexte de progression du surpoids et des maladies chroniques.
Une proposition de loi transpartisane, cosignée par 50 députés, a été déposée fin mars pour rendre ce dispositif obligatoire et pourrait être débattue avant l’été.
Une coalition contre les aliments ultratransformés
En parallèle, une seconde mobilisation s’organise contre la place croissante des aliments ultratransformés. Quarante-trois associations, emmenées notamment par Foodwatch, Yuka et France Assos Santé, ont lancéune pétitionfin avril pour « exiger des mesures concrètes contre les effets néfastes » de ces produits. Elle a déjà recueilli plus de 130 000 signatures.
S’appuyant sur « plus d’une centaine d’études » établissant un lien entre consommation élevée d’aliments ultratransformés et maladies chroniques, les organisations estiment « qu’il est grand temps de légiférer ». Elles demandent aux pouvoirs publics « un encadrement de la publicité, l’interdiction des stratégies marketing incitatives sur les emballages » et la mise en place « d’un étiquetage frontal clair », rejoignant sur ce point la première pétition évoquée.
Les signataires appellent les pouvoirs publics à agir sans délai, estimant que « la santé publique doit prévaloir sur la protection des intérêts économiques de l’industrie agroalimentaire ».
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