Obésité et microbiote intestinal

  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire
Information dentaire

Question : l’application des principes cliniques fondés sur la preuve et le suivi d’une formation comlplémentaire en endodontie par les praticiens ont-ils une influence sur le succès à long terme des traitements endodontiques ?
Auteur du résumé : Al Khourdaji Ghina.
Article analysé : Ramey K, Yaccino J, Wealleans. A retrospective, radiographic outcomes assessment of 1960 initial posterior root canal treatments performed by endodontists and dentists. J Endod 2017 ; 43 (8) : 1250-1254.
Mots clés : recouvrement cuspidien, critères thérapeutiques fondés sur la preuve, traitement canalaire, échec, succès.
Type d’article : étude clinique de cohorte rétrospective.
Niveau de preuve : 2b, d’après la classification d’Oxford.
Provenance de l’article, auteurs : cette étude a été réalisée au centre médical de l’Air Force à San Antonio, au Texas.
Méthodologie : 1 960 traitements canalaires réalisés en 2011 ont été évalués. Ces traitements ont été réalisés soit par des endodontistes, soit par des omnipraticiens ayant reçu, ou non, une formation postuniversitaire en endodontie. Deux investigateurs ont analysé les radiographies préopératoires, postopératoires et de suivi et ont qualifié la qualité du traitement endodontique, la présence (PAI > 2) ou l’absence (PAI < 3) de pathologie apicale et la qualité de la restauration coronaire.
Réponse : les pratiques en accord avec les données acquises de la science et la formation approfondie en endodontie améliorent le résultat des traitements endodontiques.
Synthèse en trois points :
• la qualité de l’obturation, l’utilisation du champ opératoire ainsi que la présence et la qualité du recouvrement cuspidien sont considérées comme des normes de traitement qui doivent être respectées lorsqu’un traitement endodontique est effectué dans le service de l’Air Force ;
• seul l’examen radiographique a été utilisé pour évaluer le résultat du traitement endodontique sans prendre en compte l’examen clinique ni les éventuels symptômes ;
• la restauration coronaire est considérée comme adéquate lorsqu’il y a un recouvrement cuspidien complet.
Implications cliniques retenues : pour la réalisation d’un traitement endodontique, les pratiques fondées sur la preuve doivent être considérées comme indispensables. Elles incluent la mise en place de champ opératoire, la désinfection minutieuse du système canalaire et une obturation de qualité. Le fait que la formation postuniversitaire soit associée à un meilleur résultat doit encourager l’omnipraticien à référer le patient dans le cas où il pense ne pas pouvoir assurer un traitement répondant aux critères de qualité souhaités. Cette décision concerne notamment les cas où il existe un risque d’insuffisance technologique ou d’un manque de compétence, et donc cela ne devrait concerner que les situations complexes (canaux oblitérés, anatomie complexe, instrument fracturé, perforation…). L’endodontiste sera probablement mieux préparé à ce genre de problèmes grâce à l’expérience clinique acquise au cours de sa formation et de son expérience professionnelle et au plateau technique spécifique dont il dispose.
 
Question : les artéfacts de distorsion volumétriques associés au ciment de scellement endodontique sont-ils plus importants en imagerie CBCT qu’en micro-CT ? Ces artéfacts sont-ils comparables entre les différents appareils CBCT ?
Auteur du résumé : Brice Riera.
Article analysé : Celikten B et al. Assessment of volumetric distorsion artifact in filled root canals using different cone-beam computed tomographic devices. J Endod 2017 ; 43 (9) : 1517-1521.
Mots clés : artéfacts, appareils CBCT, imagerie micro-CT, ciment de scellement canalaire.
Type d’article : scientifique : étude ex vivo sur dents extraites.
Niveau de preuve : 5, d’après la classification d’Oxford.
Provenance de l’article, auteurs : Kaan Orhan est professeur en radiologie dento-maxillo-faciale à l’Université d’Ankara (Turquie). Il a publié plus d’une centaine de publications, notamment en radiologie dento-maxillo-faciale : CBCT, IRM, diagnostic radiologique, etc.
Méthodologie : 30 incisives centrales mandibulaires mono-radiculées ont été préparées avec le système Endoséquence et obturées avec de la gutta-percha et un ciment à base de résine époxy (AH plus)
en utilisant une technique d’obturation monocone. Chaque dent a été scannée avec différents CBCT (3D Accuimoto 170, NewTom Vgi evo, Promax 3D Max) (trois groupes de 10) et comparée à une imagerie micro-CT qui a servi de méthode de référence.
Réponse : les CBCT ont montré plus d’artefacts de distorsion volumétrique que l’imagerie micro-CT, ce qui signifie que le canalaire pourrait être surestimé avec un CBCT. Le Promax 3D Max a montré un élargissement plus important du volume canalaire que les autres appareils.
Synthèse en trois points :
• certains auteurs ont montré que les dents traitées endodontiquement présentent de nombreux artefacts lorsque les CBCT sont utilisés ;
• cette étude compare différents appareils CBCT ;
• les CBCT ont montré plus d’artefacts de distorsion volumétrique que l’imagerie par micro-CT.
Implications cliniques retenues : la présence d’artefacts de distorsion volumétrique des canaux obturés endodontiquement pourrait entraîner des erreurs d’évaluation de la qualité de l’obturation canalaire ainsi que du diamètre réel du canal. Cette étude a également exploré quelle était l’influence du champ d’acquisition et des paramètres d’exposition sur les artéfacts de distorsion. Une taille de voxel de 0,2 mm3, un milliampérage réduit, un kilovoltage élevé ainsi qu’un champ d’acquisition restreint semblent préférables pour réduire les artéfacts de distorsion. Ce dernier paramètre est d’ailleurs parfaitement en accord avec le principe de précaution ALARA (« As Low As Reasonably Achievable ») appliqué en radioprotection. En effet, si l’utilisation du CBCT devient de plus en plus facile et tentante, il est essentiel de rappeler qu’en endodontie, elle doit se faire avec parcimonie, en utilisant toujours un petit champ d’acquisition pour ne pas irradier le patient inutilement.
 
Question : le risque de présenter une lésion d’origine endodontique sur une dent traitée endodontiquement est-il augmenté chez les patients présentant une parodontite marginale et les patients sains ?
Auteur du résumé : Valentin Marchi.
Article analysé : Ruiz XF et al. Development of periapical lesions in endodontically treated teeth with and without periodontal involvement : A retrospective cohort study. J Endod 2017 ; 43 (8) : 1246-1249.
Mots clés : parodontite apicale, prévalence, évaluation radiographique, facteur de risque, obturation canalaire, traitement endodontique.
Type d’article : clinique : étude de cohorte rétrospective.
Niveau de preuve : 2b, d’après la classification d’Oxford.
Provenance de l’article, auteurs : cet article a été publié par un groupe espagnol de l’université de Catalogne. Il s’agit de la seule publication du premier auteur, Xavier-Fructuos Ruiz. Juan Gonzalo Olivieri est auteur de 8 publications à son actif.
Hagay Shemesh travaille à l’université d’ACTA (Amsterdam). Il est professeur d’endodontologie et chef du service d’endodontie. Il a plus de 60 publications scientifiques internationales à son actif et ses sujets de prédilection sont les fêlures/fractures radiculaires, le CBCT ainsi que le résultat en endodontie.
Méthodologie : 194 dents présentant un traitement endodontique et une restauration coronaire adéquats, suivies au moins pendant 2 ans, ont été incluses. Aucune image radiographique de LOE n’était présente au départ (PAI = 1). Les dents ont été séparées en 2 groupes selon la présence ou non d’une maladie parodontale (si oui un traitement non chirurgical a systématiquement été réalisé). La présence de parodontite apicale au terme du suivi a été évaluée en utilisant la forme dichotomisée du PAI.
Réponse : les patients présentant une maladie parodontale ont 5 fois plus de risque de développer une pathologie d’origine endodontique que les patients « sains ».
Synthèse en trois points :
• les patients souffrant d’une maladie parododale ont un risque plus élevé de développer une LOE que les patients avec un support sain, même si la parodontite est bien traitée ;
• il existe une corrélation entre parodontite apicale et parodontite marginale, mais l’existence d’un lien de cause à effet n’est pas démontrée par cette étude ;
• les principaux facteurs confondant que sont la qualité du traitement endodontique et celle de la restauration coronaire ont été contrôlés pour s’intéresser uniquement aux aspects parodontaux du problème.
Implications cliniques retenues : les résultats de cette étude pourraient changer les stratégies thérapeutiques pour la gestion des cas avec une implication endo-parodontale, notamment l’ordre de réalisation des traitements. Lorsque la situation clinique le permet, une stabilisation de la maladie parodontale avant d’envisager un traitement endodontique pourrait être souhaitable. Les dents traitées endodontiquement pourraient nécessiter une surveillance accrue par rapport aux dents vivantes, avec par exemple des contrôles plus fréquents. Un patient à risque de parodontite pourrait en outre bénéficier de séances de prophylaxie plus rapprochées avec une attention particulière aux dents traitées endodontiquement, associées à de moyens de contrôle de plaque mis en place le plus tôt possible.

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