Orthodontie : quand c’est l’assistante qui porte l’appareil !

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  • Publié le . Paru dans Profession Assistant(e) Dentaire (page 38-39)
Information dentaire
Ca fait trois mois que Sarah, assistante en cabinet d’orthodontie, porte un appareil dentaire.

Alors, quel effet ça fait d’être de l’autre côté du miroir ?

Pas facile, en tant qu’adulte, de se décider à porter un appareil » avoue Sarah. « Mais je ne regrette vraiment pas. En l’espace de trois mois, les élastiques ont déjà fermé la béance que j’avais en bouche ! ». Et les avantages du traitement ne s’arrêtent pas là. Sarah en tire plusieurs enseignements qui l’aident à accompagner les patients.

Ça ne fait pas si mal que ça !

« Ils se plaignent souvent de douleurs, de difficultés à tolérer les élastiques. En général, on leur dit qu’il faut compter huit à dix jours (pour les adultes et trois à 5 jours pour les enfants) pour s’habituer à la présence de l’appareil en bouche. En ce qui me concerne, ça n’a pris que quelques jours, et je n’ai pas eu mal. Certes, on ne ressent pas tous la douleur de la même façon, mais je m’attendais à pire ! Au début, mon appareil me gênait lors du brossage ou des repas mais c’est vite passé ». Sarah est aujourd’hui plus à même de rassurer les patients. On sait que l’appréhension augmente la sensation de douleur, alors être encouragé dès le départ par quelqu’un qui a lui-même vécu l’expérience, c’est l’idéal.

Les élastiques, c’est fantastique !

« Depuis que j’en porte moi-même, ma praticienne et moi avons la preuve que les élastiques sont encore plus efficaces qu’on ne l’imaginait. La preuve est aussi faite que si le traitement de certains patients stagne, c’est qu’ils ne les portent pas 24h/24, contrairement à ce qu’ils affirment ! De quoi s’autoriser à être un peu plus ferme avec eux. Car malheureusement, comme la sécurité sociale ne prend en charge que cinq semestres d’orthodontie, il arrive qu’on doive déposer l’appareil avant la fin du traitement. C’est un échec pour nous et pour le patient ».

On améliore nos méthodes de travail

« C’est ma praticienne qui a réalisé le traitement. Pendant qu’elle le posait, j’ai réalisé que certains gestes pourraient être faits plus lentement, avec davantage d’explications. On en a discuté et on a adapté nos méthodes de travail ».

Ça va mieux en l’assumant

« Au début, j’étais comme tout le monde, j’avais l’impression que j’avais l’air ridicule, que mes bagues attiraient tous les regards. Je n’osais pas sourire. Avec le temps, j’ai compris que la clé était d’assumer. De rester soi-même en toute occasion. C’est le fait d’être gêné qui attire le regard, bien plus qu’un sourire franc et naturel ! Et les boîtiers qu’on pose pour les appareils multibagues ont vraiment évolué. Le mien est en céramique, ses boîtiers sont transparents et il a été posé en vestibulaire. La teinte se fond totalement avec celle de la dent. De quoi mettre à l’aise les personnes réticentes ».

Les trucs de la pro

Côté technique, j’ai modifié mes explications de précautions par rapport à l’appareil. Par exemple, je sais maintenant que la cire qu’on utilise pour faire adhérer à l’appareil doit être absolument sèche (on leur disait déjà car on sait qu’il faut sécher pour que la cire tienne mais en le faisant par moi-même je m’aperçois que c’est plus compliqué que ce que ca pouvait paraitre et du coup on va plutôt dire que j’insiste beaucoup plus sur ce point qu’avant) mais ce n’est pas une nouveauté en soit.. Même légèrement humide, elle ne colle pas. Un conseil « de terrain » dont tous les patients ont bénéficié et qui permet de mieux les accompagner.
Mieux rassurer les patients
Le fait que je porte un appareil m’aide à bien soutenir nos jeunes patients. J’ai pu rassurer une petite fille de 7-8 ans très anxieuse, qui pleurait à l’idée qu’on lui pose des élastiques. Je lui ai montré comment je fixais ceux de mon propre appareil, et la peur a disparu !
Les adultes se sentant mieux compris sont également parfois amenés à poser des questions plus personnelles

Mannequin en hygiène bucco-dentaire

Jusqu’ici, on enseignait les bons gestes de brossage aux patients devant un miroir. Désormais, mes collègues m’appellent pour que je leur montre comment je le fais, moi qui porte aussi un appareil. Une démonstration plus concrète et efficace.

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