Parodontite + tabac = un cocktail explosif en implantologie

  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire
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Nombreuses sont les études qui ont recherché les facteurs prédictifs de la perte osseuse péri-implantaire. Cependant, la plupart de ces études sont rétrospectives, avec tous les biais méthodologiques que cela implique et/ou évaluent sur une courte période.
 
Cette étude a le triple intérêt d’avoir évalué la perte osseuse de façon prospective, sur une période de 9 ans dans une cohorte implantaire homogène.

Cinquante sujets ayant bénéficié d’une réhabilitation implanto-portée totale, maxillaire ou mandibulaire, avec mise en charge immédiate (2 jours) sur 5 à 8 implants, ont été inclus consécutivement. Seuls 39 sujets, soit 245 implants, ont pu être évalués pendant 9 années. Les facteurs prédictifs de la perte osseuse évalués par une analyse multivariée à un an et à 9 ans dans cette étude sont : l’intoxication tabagique, l’épaisseur gingivale, les antécédents de maladie parodontale, la situation des implants.
 
Cette étude montre que la perte osseuse n’est pas régulière dans le temps, mais qu’elle se situe essentiellement les 3 premiers mois après la pose de l’implant puis est plus progressive les mois et années suivants.
 
Parmi les prédicteurs étudiés, l’épaisseur de la gencive péri-implantaire évaluée par la hauteur du pilier prothétique est le seul facteur prédictif de la perte osseuse initiale évaluée à un an. Celle-ci est plus importante si la gencive est fine que si elle est épaisse. Tomasi (2013) a montré que l’épaisseur d’une gencive saine péri-implantaire est de 3,6 mm en moyenne. Cette étude nous montre également l’absence de résorption osseuse si l’épaisseur de la gencive péri-implantaire est d’au moins 3 mm.
 
En revanche, à long terme (9 ans), la perte osseuse péri-implantaire est aggravée de plus de 1 mm chez les sujets ayant des antécédents de parodontite et chez les sujets ayant une intoxication tabagique. Mais l’association de ces deux prédicteurs augmente de façon drastique le risque d’avoir une perte osseuse péri-implantaire bien supérieure aux sujets témoins, comme le suggère l’étude de Heitz-Mayfield (2009).

Que retenir de cet article ?

Cette étude rappelle l’importance du contexte local gingival dans le succès implantaire. Le sertissage gingival de l’implant est essentiel dans le maintien du niveau osseux péri-implantaire et dépend donc essentiellement du biotype gingival. Au-delà de l’évaluation du volume osseux disponible, l’implantologiste doit surtout évaluer la qualité des tissus gingivaux et leur capacité de réparation : les antécédents parodontaux et l’intoxication tabagique sont des facteurs de risques relatifs pris séparément mais rédhibitoires s’ils sont associés !

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