Le gouvernement a lancé le 14 janvier la feuille de route 2026‑2030 pour la prise en charge des personnes en situation d’obésité. Ce cadre national « marque une nouvelle étape dans l’action publique », alors que l’obésité progresse en France (lire encadré ci-dessous).
La feuille de route porte sur l’ensemble des composantes de la prise en charge – pédiatrique, médicale adulte et chirurgicale – et repose sur une approche coordonnée adaptée aux trajectoires individuelles. Elle retient quatre « objectifs structurants » d’ici 2030 : infléchir la progression de l’obésité, améliorer l’accès à des soins personnalisés de proximité, augmenter le nombre de professionnels formés et capitaliser sur les prises en charge déjà déployées. Selon le ministère de la santé, l’objectif est de « garantir une action publique cohérente, continue et lisible ».
Trois axes guideront le déploiement opérationnel, déclinés en vingt‑deux actions. Le premier vise à orienter plus précocement les personnes repérées à risque, notamment via un renforcement du repérage en PMI, en milieu scolaire et lors des examens de santé.
Le second structure les « filières Obésité » à l’échelle des territoires, avec l’appui des 42 Centres spécialisés de l’obésité. Il prévoit aussi la montée en charge des nouveaux traitements et l’amélioration du parcours bariatrique.
Le troisième axe porte sur la formation des professionnels de santé : augmentation des flux en endocrinologie‑diabétologie‑nutrition, création de modules spécifiques dans d’autres spécialités et développement d’une offre transversale intégrant notamment l’hyperphagie boulimique.
En 2022, dans ses recommandations de bonnes pratiques pour améliorer la qualité de la prise en charge des obésités sévères, la Haute Autorité de Santé (HAS) relevait que si les chirurgiens‑dentistes ne sont pas parmi les professionnels de premier recours, « compte tenu du risque augmenté de pathologie bucco‑dentaire », il est recommandé « d’évaluer cliniquement » annuellement l’état bucco‑dentaire des patients.
« Une analyse prospective a confirmé que l’obésité (comparée à la corpulence normale) était un facteur de risque indépendant de perte de dents, sur un suivi de cinq ans concernant plus de 600 individus, en particulier chez la femme, y compris après ajustement sur le statut socio‑économique, l’âge, les soins bucco‑dentaires, la présence d’une atteinte parodontale et le tabagisme », détaillait‑elle.
Les chiffres alarmant de l’obésité en France
En 2024, 48,8 % des adultes français sont en surpoids ou en situation d’obésité, dont 18,1 % en obésité, un niveau en hausse par rapport à 2015. Les formes sévères poursuivent leur progression et concernent désormais 6,1 % des adultes. Cette évolution s’inscrit dans un fort gradient social : les personnes en obésité sévère sont deux fois plus nombreuses à déclarer des difficultés économiques que celles avec un IMC normal (34 % contre 19 %).
Chez les jeunes, près de 20 % des enfants et adolescents de 6 à 17 ans présentent un surpoids ou une obésité, tandis que l’obésité seule touchait 4 % des enfants en 2015. Les disparités territoriales restent marquées : la prévalence adulte dépasse 21 % en Centre‑Val de Loire et dans les Hauts‑de‑France, contre moins de 16 % en Île‑de‑France et en Occitanie.
En outre‑mer, la situation est plus préoccupante encore avec 22,4 % d’adultes en obésité, et des taux particulièrement élevés chez les femmes, atteignant 34 % à Mayotte.
Commentaires