Les formes sévères de parodontite touchent près de 10 % de la population adulte avec une prévalence croissante avec l’âge et les conséquences fonctionnelles, esthétiques et sur la qualité de vie des patients sont indéniables [1]. Mais si la parodontite est aujourd’hui reconnue comme un enjeu majeur de santé publique, c’est aussi parce qu’au-delà de ses manifestations locales, elle est associée à de nombreuses atteintes et maladies systémiques à composante inflammatoire, notamment le diabète, les maladies cardiovasculaires, les rhumatismes articulaires chroniques et plusieurs maladies auto-immunes [2].
En France, de nombreuses maladies systémiques entrent dans le dispositif dit de l’affection de longue durée (ALD) qui concerne une maladie dont la gravité et/ou le caractère chronique nécessite un traitement prolongé (Ameli.fr). Il existe deux types d’ALD : l’ALD exonérante et l’ALD non exonérante. Si la maladie évolue pendant plus de 6 mois et nécessite un traitement coûteux, les frais de santé liés à la maladie sont pris en charge au maximum remboursable par la Sécurité sociale (base de remboursement de la Sécurité sociale), mais certains frais restent à la charge du patient (soins dentaires par exemple). C’est l’ALD exonérante. Dans le cas où il n’y a pas de traitement coûteux, l’ALD non exonérante est possible, cela signifie que l’Assurance Maladie rembourse aux taux habituels les soins en lien avec la maladie (comme pour les autres assurés sociaux). Cependant, cela permet au patient de bénéficier d’un arrêt maladie de plus de 6 mois et de la prise en charge des transports sous certaines conditions. Les pathologies concernées par le dispositif d’ALD exonérante sont listées dans l’encadré en page 49.
Depuis février 2024, six ALD (voir encadré ci-dessous) ont été intégrées au dispositif conventionnel de remboursement des soins parodontaux par l’Assurance Maladie [3]. Elles correspondent…