Quand la mastication des autres devient insupportable

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Information dentaire

Connaissez-vous la misophonie ? C’est le fait d’être incommodé par les bruits de mastication des autres. Trois médecins néerlandais ont décrit dès 2013 cette maladie psychiatrique dont le nom vient de « miso », la haine et de « phonia » le son. Cette affection induit une irritation, des réactions impulsives et même parfois des comportements agressifs soudains, lorsqu’un voisin produit un son répétitif en mâchant.

Ces mêmes médecins ont publié en avril 2020 dans la revue en ligne PLOS One une étude observationnelle de 779 sujets suspects de misophonie menée de janvier 2013 à mai 2017. Elle leur vaut de s’être vu décerner le 17 septembre le Ig Nobel de médecine (« Ignoble » une fois prononcé en anglais). Les Ig Nobel récompensent tous les ans des travaux de recherche improbables pour « faire rire puis réfléchir ».

Dans l’étude en question, 579 sujets ont été déclarés réellement malades (une majorité de femmes). Presque tous ont signalé être fortement dérangés par des sons alimentaires (96 %) mais aussi des sons nasaux et respiratoires (85 %), parfois par des sons de tapotements répétitifs (bruit de clavier, clic de stylo, etc.) ou encore des bruits de bouche / gorge. Les sujets ont relaté une irritation, une colère et un dégoût extrêmes comme principales réactions émotionnelles face aux bruits. Des accès d’agressivité ont été signalés : l’agression verbale était courante, mais l’agression physique était rare. Les malades éprouvent généralement « une anxiété d’anticipation » et un stress physique lorsqu’ils savent qu’ils risquent de subir ces bruits et élaborent des stratégies d’évitement.

« Les sujets ont souvent déclaré que la réponse émotionnelle était beaucoup plus intense envers les êtres chers induisant des déclencheurs de misophonie, indiquent encore les auteurs. Le contexte a également influencé la réponse émotionnelle : lorsque des sons étaient émis par des tout-petits, des adultes handicapés mentaux ou des personnes âgées atteintes de démence, une réaction émotionnelle se produisait rarement ».

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