Quoi de neuf en médecine orale et en chirurgie orale ?

  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire
Information dentaire

R-évolution numérique - ADF 2015

Thomas Fortin, spécialiste de la chirurgie guidée, va nous convaincre d’utiliser l’imagerie 3D pour élaborer nos greffons osseux. En effet, l’utilisation des nouveaux outils numériques, en association avec l’allogreffe, permet la réalisation d’une chirurgie d’augmentation osseuse a minima. Jacotti décrit en 2005 une technique de greffe d’apposition simplifiée : avant l’intervention, une impression tridimensionnelle de la zone à greffer est réalisée à partir de l’imagerie tridimensionnelle. On obtient alors un modèle stéréolithographique qui est la réplique exacte de l’os et des dents du patient. Le jour de l’intervention, c’est sur ce modèle stéréolithographique stérile que le greffon sera mis en forme. Une fois le greffon préparé, le patient est installé et anesthésié. Un lambeau d’accès constitué d’une unique incision de décharge suffit à tunneliser le greffon puis à le fixer. La fermeture du site se fait sans tension, et ce sans incision d’épaisseur partielle. La diminution de la durée d’intervention et du nombre d’incisions améliore les suites opératoires et préserve la vascularisation du lambeau. De plus, il est possible que l’absence d’incision crestale diminue le risque d’exposition de la greffe avec cette technique. Nous en détaillerons les étapes de réalisation ainsi que les perspectives d’avenir au travers de cas cliniques (fig. 1, 2, 3).

Guillaume Penel dirige le laboratoire de physiopathologie des maladies osseuses à Lille. Il nous alertera sur la prise en charge des patients sous biothérapie et le risque d’ostéonécrose des maxillaires. Depuis les premières publications de cas d’ostéonécrose des maxillaires (ONM) liées aux bisphosphonates (BP) (Marx 2003, Ruggiero 2004), de nombreux travaux ont exploré l’incidence, la physiopathologie et les traitements possibles de cet effet indésirable. Mais de nombreuses questions restent sans réponse et aucun traitement efficace n’est aujourd’hui disponible. Toutes les recommandations insistent sur les mesures de prévention. Si l’efficacité clinique des bisphosphonates dans la prise en charge des pathologies osseuses lytiques (ostéoporose, métastases notamment) est bien établie, les biothérapies ont fait naître de grands espoirs comme alternative thérapeutique pour réduire les risques d’ONM. Le dénosumab (XGeva®, Prolia®), molécule anti-RANKL, a prouvé son efficacité clinique dans la pathologie bénigne comme maligne. Cependant, des cas d’ONM ont très vite été décrits également avec cette molécule. D’autres anticorps monoclonaux sont également utilisés à visée anti-angiogénique dans les pathologies néoplasiques, seuls ou en association avec les BP ou les corticoïdes. Le bevacizumab (Avastin®) et le Sunitinib (Sutent®) notamment, utilisés depuis plusieurs années, ont démontré leur efficacité, mais des cas d’ONM ont également été rapportés (Sivilella et al 2013). Finalement, s’il est aujourd’hui clairement établi que ces molécules exposent également au risque d’ONM, les données sont aujourd’hui insuffisantes pour en chiffrer l’incidence. Dans l’attente de données suffisantes pour établir des recommandations étayées, il semble raisonnable d’appliquer les mêmes procédures que celles proposées pour les BP (fig. 4).

Frédéric Phillippart travaille depuis de nombreuses années sur la sédation consciente en pratique quotidienne ; il nous fera partager son point de vue sur la pratique par le chirurgien-dentiste de la sédation consciente par voie intraveineuse. En effet, parmi toutes les techniques de sédation consciente, la sédation consciente par voie intraveineuse est la plus performante.
La sédation intraveineuse s’inscrivant dans la capacité professionnelle du chirurgien-dentiste d’une part et, d’autre part, l’anxiété constituant l’une des causes essentielles du rejet des soins avec des conséquences très défavorables sur la santé orale, ce sont autant de raisons pour lesquelles vous êtes particulièrement concernés par la sédation consciente intraveineuse.
Compte tenu des interrogations que suscite en France la pratique de la sédation consciente par voie intraveineuse par notre profession, les aspects médico-légaux dans l’exercice quotidien de la chirurgie dentaire seront exposés, les modalités de la pratique de la sédation consciente par voie intraveineuse seront détaillées et, enfin, la formation prérequise à l’usage de la sédation consciente par voie intraveineuse sera proposée
(fig. 5).

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