Rapport : Améliorer l’information sur le médicament

Information dentaire

La Revue

L'hebdo de la médecine bucco-dentaire
44 numéros par an

Abonnez-vous

En décembre 2017, en pleine affaire Levothyrox (le médicament contre les troubles de la thyroïde avait changé de formule, provoquant l’ire de milliers de patients), la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, avait mis en place une mission chargée de lui faire des propositions pour « améliorer l’information des patients et des professionnels de santé sur le médicament ». Dix-huit mois plus tard, le 3 septembre, la mission a remis à la ministre un rapport d’une centaine de pages sur le sujet. Les principales propositions formulées par la mission visent à remédier aux travers révélés lors de cette crise : le « biais techniciste » de l’information délivrée par l’Agence du médicament (ANSM) limitée à insister sur la légitimité scientifique du changement de formule (meilleure stabilité), occultant les besoins d’accompagnement des patients et leur ressenti, une communication de crise « artisanale et insuffisamment coordonnée », le message des autorités sanitaires apparaissant tardif et désorganisé, l’absence de prise en compte des signaux de mécontentement envoyés par les patients (une pétition sur change.org apparue dès juin 2017 est passée inaperçue) ou encore une mauvaise communication vers les professionnels de santé puisque les courriers envoyés à l’en-tête du laboratoire ont été perçus, lorsqu’ils ont été ouverts, comme de l’information promotionnelle…
 
Le rapport suggère donc, notamment, de mettre en place une source unique d’information publique sur le médicament en s’appuyant sur sante.fr en y intégrant la base de données du site medicaments.gouv.fr, d’optimiser et faciliter la coordination des soins entre les prescripteurs et les pharmacies d’officine par le biais du dossier pharmaceutique et du DMP, de confier la communication d’urgence en cas d’alerte à l’ANSM épaulée par le centre d’appui aux situations d’urgence, aux alertes sanitaires et à la gestion des risques (CASAR) mis en place fin 2017, d’encourager les remontées d’information de patients et de professionnels de santé par l’élaboration d’une stratégie de promotion de la déclaration des événements indésirables, mais aussi d’assurer une mobilisation rapide des professionnels de santé en cas d’alerte en étendant l’outil d’alerte « DGS-Urgent » à l’ensemble des professionnels de santé exerçant dans le secteur libéral.
 
À noter, hors du champ de l’information ou de la communication, une proposition forte : améliorer la formation au médicament des professionnels de santé prescripteurs (médecins, chirurgiens-dentistes, sages-femmes) jugée trop insuffisante. La prescription, souligne le rapport, « est un moment à la fois extrêmement fréquent et ritualisé mais souvent banalisé, alors qu’il devrait au contraire constituer un moment central d’information du patient et, pour le professionnel, de prise de conscience de sa responsabilité médico-légale ». La mission recommande donc d’augmenter le nombre d’heures consacrées au médicament dans la formation initiale, de mieux sensibiliser les étudiants sur les liens d’intérêts et les relations avec les industriels et de « rendre publique (sur l’annuaire Ameli par exemple) l’information selon laquelle le professionnel a rempli ses obligations en matière de formation continue ».

Laisser un commentaire