Séance 100% clinique B13
Mercredi 26 novembre – 9h/10h30
Responsable scientifique : Sylvia Riemenschneider-Chillès
Conférenciers : Guillaume Reys, Quentin Bochet
Objectifs
• Décomplexer l’omnipraticien devant les actes de chirurgie courants
• Assister à des chirurgies enregistrées en vidéo
• Analyser les actes visualisés et en discuter en direct
Le sens de cette séance est de montrer que les gestes chirurgicaux ne sont pas réservés à une élite. Ils sont accessibles, à condition d’être bien évalués, bien préparés, et réalisés avec méthode. Ce que nous partagerons n’est pas une somme de connaissances théoriques, mais une expérience de terrain. Ce sont des gestes que nous faisons chaque semaine au cabinet, et que nous avons appris à intégrer dans notre quotidien avec rigueur… et plaisir.
Et durant cette séance, nous montrerons tout ce que nous savons, sans filtre, sans raccourci, sans rien laisser de côté.
L’avulsion des dents de sagesse mandibulaires : redoutée, mais accessible
Ce moment, nous l’avons tous connu : l’orthopantomogramme s’affiche… et la 3e molaire mandibulaire est là. Parfois bien alignée, souvent bien plus capricieuse.
Notre premier regard se porte naturellement sur le nerf alvéolaire inférieur – point de vigilance essentiel [1]. Mais l’expérience nous a appris que la vraie complexité ne vient pas toujours de là. Elle peut être liée à la forme des racines (divergentes, recourbées, coudées), à la densité osseuse, au stade d’évolution, à la proximité des dents adjacentes, voire… à une ouverture buccale trop limitée. Des détails qui changent tout.
L’échelle de Pederson, combinant les classifications de Winter [2] et de Pell et Gregory [3], aide à structurer notre analyse (fig. 1). Ce n’est pas une recette magique, car d’autres pièges peuvent se présenter, que nous vous montrerons en vous expliquant comment les identifier et les résoudre.
Le geste chirurgical, lui, s’aborde étape par étape [4]. L’anesthésie indolore est notre première alliée : elle installe la confiance. Viennent ensuite l’incision, le décollement, l’alvéolectomie, parfois la coronectomie, puis l’avulsion proprement dite (fig. 2). Chaque geste a son importance. Et après l’intervention, le temps accordé à l’alvéole, à la suture, et à l’information du patient fait toute la différence.
Frénectomie labiale supérieure : un petit geste, de grandes conséquences
Le frein labial supérieur est une structure discrète, mais dont l’impact peut être réel. Diastèmes persistants, échecs prothétiques, complications orthodontiques… Nous en avons vu plus d’un.
Mais là encore, pas de systématisme. Tout commence par une observation clinique attentive : insertion du frein, effets mécaniques, dynamique des arcades. La classification de Placek [5] nous aide à organiser cette analyse (fig. 3).
Et si une frénectomie est indiquée, elle doit être pensée dans le bon timing – surtout chez l’enfant – et réalisée avec précision : incision adaptée, profondeur suffisante pour sectionner les fibres, sutures confortables et bien placées. Un petit acte, mais qui demande finesse et rigueur.
Biopsie : un réflexe qui peut changer une vie
Trop souvent, on hésite. Par crainte de mal faire ou par manque d’habitude. Pourtant, la biopsie est un geste fondamental et, dans bien des cas, elle rassure autant qu’elle éclaire (fig. 4).
Dès qu’une lésion muqueuse persiste au-delà de quinze jours sans cause évidente, il est temps d’agir. Prélever tôt, c’est donner une chance à un diagnostic précoce. Le prélèvement doit être propre, bien localisé, bien fixé. Et le lien avec l’anatomopathologiste est clé : il enrichit notre compréhension, affine nos décisions, et renforce notre démarche clinique.
Nous vous montrerons des techniques simples et reproductibles, qui vous permettront d’intégrer ce geste à votre pratique sans difficulté.
Conclusion : donner sa place à la chirurgie dans la pratique quotidienne
Ce que nous voulons transmettre dans cette séance n’est pas un dogme, ni une ambition démesurée. C’est une conviction. La chirurgie orale ne doit pas rester un territoire réservé. Elle peut – et elle doit – trouver sa place dans nos cabinets.
Il ne s’agit pas de tout faire. Mais de faire ce que nous choisissons de faire… et de bien le faire.
Alors oui, cette séance est une invitation. Une invitation à réveiller le chirurgien qui sommeille en chacun de nous. Pour enrichir notre pratique. Pour mieux soigner. Tout simplement.
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