Tenons métalliques ou fibrés et fractures radiculaires

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Information dentaire

L’utilisation de tenons fibrés s’est développée ces dernières années. Les raisons pourraient être d’ordre esthétique, de réduction de la longueur du traitement, et parce que le module d’élasticité serait proche de celui de la dentine et que cela réduirait les fractures radiculaires. De nombreuses études in vitro ont conclu que le module d’élasticité élevé du métal concentrerait les contraintes au niveau de la racine et provoquerait plus de fractures radiculaires que les tenons fibrés. Au contraire, une récente étude en éléments finis a montré une concentration de contrainte plus élevée pour les tenons fibrés, surtout après descellement.
Cliniquement, une incidence réduite de fractures irréparables semble plus importante que la survie de la restauration en elle-même. Ainsi, le but de cette revue de synthèse était d’analyser les études cliniques relatant le taux de fractures radiculaires, mais aussi les performances cliniques des différents systèmes.
Les résultats montrent un taux de succès global de 90 % (intervalle de confiance à 95 % : 85,5-93,3) pour les tenons métalliques et de 83,9 % (intervalle de confiance à 95 % : 67,6-92,8) pour les tenons fibrés. Le taux de fractures irréparables est similaire entre les tenons métalliques et les tenons fibrés. Il est à noter que les tenons métalliques préfabriqués et les tenons en fibre de carbone provoquent deux fois plus de fractures irréparables que leurs homologues respectifs, tenons coulés et tenons en fibre de verre. Ces résultats sont à comparer avec ceux d’une récente méta-analyse des expérimentations in vitro qui conclut à une résistance à la fracture plus élevée avec les tenons métalliques, mais à une fréquence plus élevée de fractures irréparables.

Les auteurs concluent que contrairement aux expérimentations in vitro, la présente revue de synthèse des études cliniques ne permet pas de montrer un taux de fractures irréparables plus faible pour les tenons fibrés. Ils signalent cependant de nombreuses possibilités de biais et encouragent à de nouvelles études solidement construites.

NB. Le rédacteur de cette chronique tient à souligner le danger de transposer, sans précaution, les données d’expérimentations in vitro à la pratique clinique. En plus de quarante ans de clinique hospitalière et privée, il n’a pratiquement jamais rencontré de fracture radiculaire ressemblant à celles obtenues avec une machine d’essais. Ce modèle n’est-il pas à reconsidérer ? Un autre facteur de perte de racines est hélas peu exploré dans les publications : la carie fulgurante suite au descellement du tenon, souvent découvert trop tardivement dans le cas de constructions plurales.

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