Un chirurgien-dentiste peut-il annoncer le diagnostic d’un cancer ?

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  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°32 - 21 septembre 2022
Information dentaire
L’annonce d’un cancer est toujours bouleversante pour le patient. C’est pourquoi il a besoin d’être parfaitement accompagné tout au long des temps d’annonce et de proposition thérapeutique. Aussi, les meilleures conditions d’information, d’écoute et de soutien doivent être mises en place. Ce moment provoque souvent un traumatisme qui va entraîner pour le patient un changement de vie. Le praticien doit alors faire preuve d’empathie et d’humanité. Il doit aussi être disponible pour répondre aux questions et aux craintes du patient et de son entourage ou au mutisme créé par la sidération.

Situation

Je suis un praticien spécialiste en médecine bucco-dentaire. Mon patient âgé de 56 ans, grand fumeur, me consulte en urgence après une période de silence thérapeutique. Je le soigne depuis de nombreuses années et la relation entre nous est étroite car la confiance s’est développée au cours des dernières années.
Il présente tous les symptômes d’un cancer buccal. Évidemment, il faudra pratiquer des examens anatomopathologiques, mais avant de recevoir ces résultats, je me questionne :
– Pourrai-je annoncer à mon patient le diagnostic de sa maladie ou dois-je me taire et l’orienter vers un confrère médecin pour cette annonce ?
– Comment dois-je me comporter vis-à-vis de sa famille ?

Réflexions Professeur Myriam DRIDI

Professeur des Universités-Praticien hospitalier – Faculté de chirurgie dentaire de l’Université de Nice – Département de parodontologie, CHU Saint Roch de Nice

En tant que professionnel de santé, l’odontologiste est tenu de respecter l’article L 111-2 du Code de la santé publique et l’article 35 du Code de déontologie médicale qui disposent que tout patient a le droit de recevoir des informations loyales, claires et appropriées sur son état de santé, sauf s’il manifeste expressément une volonté contraire. Dans le cadre de la prise en charge des cancers oraux, l’odontologiste peut donc être amené à annoncer l’hypothèse, voire le diagnostic, d’un carcinome épidermoïde.

Dans la première situation, il s’agit d’annoncer la suspicion d’une tumeur maligne. Au vu des données cliniques et de la sémiologie de la lésion élémentaire, l’odontologiste décide d’emblée d’adresser le patient vers un praticien spécialiste hospitalier à des fins diagnostiques et thérapeutiques. Tout en cernant les craintes et les peurs légitimes du patient, il peut alors expliquer, par des mots simples et justes, la nécessité des examens complémentaires, en raison…

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