Anomalies de structure : mieux diagnostiquer pour mieux traiter

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  • Publié le . Paru dans Réalités Cliniques n°1 - 15 mars 2024 (page 64-69)
Information dentaire
Alors que certaines anomalies de structure se font de plus en plus rares, comme la fluorose dentaire, d’autres affectent un grand nombre de nos patients et constituent un motif fréquent de recours aux soins. Les demandes des patients peuvent porter sur l’esthétique du sourire, les sensibilités exacerbées, le risque carieux difficile à contrôler ou encore les aspects fonctionnels. Pour répondre à ces demandes, il apparaît essentiel de maîtriser la démarche diagnostique et d’informer le patient sur sa maladie, les causes si elles sont identifiées et les spécificités liées aux soins. Nous verrons dans cet article comment réduire l’errance diagnostique des patients, qui est fréquente dans ce contexte. Identifier et comprendre la pathologie représentent des prérequis indispensables pour traiter l’anomalie de façon spécifique.

Le diagnostic précoce et la prise en charge adéquate des anomalies de structure est un challenge que tout chirurgien-dentiste est amené à relever. Ces anomalies de structure trouvent leurs origines lors des phases de formation et de minéralisation de la dent, c’est-à-dire pendant la petite enfance, voire pendant la vie intra-utérine. Ces anomalies irréversibles impliquent souvent une prise en charge spécifique dès l’enfance, afin de compenser le défaut quantitatif ou qualitatif affectant la couronne dentaire. À moyen et à long terme, l’objectif est de compenser cette anomalie et de limiter les complications sur le plan esthétique et fonctionnel. Or la prise en charge ne peut se faire de façon optimale que si le diagnostic est correctement posé : les protocoles thérapeutiques dépendent parfois directement des étiologies et des processus biologiques sous-jacents. Il apparaît donc essentiel de se pencher avant tout sur cette démarche diagnostique.

Quelle démarche diagnostique adopter ?

Les questions à se poser face à une anomalie de structure

La systématisation du recueil des données en fonction de l’anomalie rencontrée permet aux praticiens d’orienter leur interrogatoire médical de façon pertinente et de faire rapidement le diagnostic différentiel entre les principales anomalies rencontrées. Un arbre décisionnel peut aider le praticien dans sa démarche diagnostique (fig. 1). Les antécédents médico-chirurgicaux pouvant être associés à l’apparition d’anomalies de structure pendant l’odontogenèse sont par exemple les traitements des cancers (en particulier avant l’âge de 5 ans), les pathologies hépato-biliaires (atrésie des voies biliaires, syndrome d’Alagille) ou certaines infections comme la syphilis.

Les périodes de minéralisation coronaire

Connaître l’âge moyen de formation et de minéralisation de chaque dent est indispensable pour identifier les étiologies…

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