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Approche moderne de la réhabilitation prothétique fixée des amélogenèses et dentinogenèses imparfaites de l’enfance à l’adolescence

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La réhabilitation prothétique des amélogenèses et dentinogenèses imparfaites répond à des exigences esthétiques et fonctionnelles. Lorsque les formes cliniques sont sévères, elles doivent être envisagées au plus tôt, dès l’enfance, afin d’assurer la protection des tissus dentaires altérés. Dans les formes cliniques plus frustes, les mesures de prévention et de fluoration permettent d’assurer la préservation de ces tissus durant l’enfance. L’objectif commun et moderne à ces deux approches consiste à minimiser les interventions afin de préserver l’émail superficiel au mieux jusqu’à l’âge adulte, où les traitements à base de céramique collée, plus esthétiques et plus pérennes, pourront être engagés. En effet, le recours à des options thérapeutiques minimalistes grâce aux progrès de la dentisterie adhésive doit aujourd’hui être privilégié, aux dépens des méthodes plus invasives comme pouvaient l’être les couronnes périphériques scellées.
La connaissance des spécificités histologiques des anomalies en présence, associée à des méthodologies adaptées, comme la déprotéinisation ou l’infiltration résineuse, et à l’adaptation des formes de préparations, permet d’assurer un collage optimal sur ces tissus.

La réhabilitation prothétique fixée des amélogenèses (AI) et des dentinogenèses imparfaites (DI) constitue un véritable challenge pour le praticien, comme toute intervention qui touche à la globalité ou presque des dents. Cette réhabilitation ne doit être envisagée que lorsque la situation clinique l’impose. Cela suppose que les méthodes préventives (vernis, fluorations, infiltrations résineuses) ou directes (composites, verres-ionomères) ne répondent pas ou plus aux nécessités cliniques et/ou psychologiques.

Les AI sont un ensemble d’anomalies héréditaires résultant d’un défaut de formation de l’émail et caractérisées par une expression clinique, génétique et structurelle très hétérogène [1]. Les DI héréditaires, comme les dysplasies dentinaires, sont quant à elles des anomalies de structure de la dentine par mutation du gène DSPP intervenant dans la minéralisation de celle-ci [2]. Elles peuvent être isolées ou associées à un tableau clinique plus large, les associant à une ostéogenèse imparfaite héréditaire (OIH).

Dans tous les cas, le préjudice de l’enfant ou de l’adulte est non seulement fonctionnel – caractérisé par des sensibilités dentaires plus ou moins accrues, des malpositions occlusales associées parfois à une perte de dimension verticale – mais aussi esthétique, par l’aspect plus ou moins coloré et malformé des dents (fig. 1a, b). Le retentissement psychologique est variable selon la sévérité de l’atteinte et l’environnement social, mais reste important, surtout dans l’enfance [3].

Ces éléments justifient pleinement la prise en charge thérapeutique prothétique dès l’apparition des dents permanentes [4,5]. Le recours à des options temporaires puis d’usage, fondées sur une dentisterie adhésive offrant des solutions extrêmement peu invasives, doit être étudié pour chaque situation en fonction de la coopération du patient, du type et de la sévérité de l’atteinte.

Approche thérapeutique globale

La prise en charge des patients atteints d’anomalies congénitales des tissus durs de la dent comporte des principes communs avant toute approche prothétique :
– identifier le type d’AI ou de DI ;
– informer le patient et la famille ;
– enseigner l’hygiène bucco-dentaire ;
– donner des conseils d’hygiène alimentaire.

En effet, les surfaces amélaires présentent des altérations se traduisant sous la forme d’une rugosité anormalement importante (AI) ou de fissures (DI). Ceci favorise la rétention de plaque bactérienne et engendre des conséquences sur la santé parodontale. Il est ainsi primordial que les réhabilitations prothétiques soient associées à une hygiène bucco-dentaire exemplaire, garante de la pérennité du travail réalisé.

Si l’on se réfère aux recommandations publiées par la American Association of Pediatric Dentistry (AAPD) pour la prise en charge thérapeutique, aucun consensus ne semble se dégager. Une idée directrice semble cependant être mise en avant : la préservation maximale des structures dentaires existantes afin de maintenir la dimension verticale d’occlusion (DVO)…

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