Choix d’une approche additive dans les traitements d’usures érosives et attritives : intérêts des full mock up

  • Par
  • Publié le . Paru dans Réalités Cliniques n°2 - 15 juin 2018 (page 138-146)
Information dentaire
Les patients atteints d’érosion et usure sévères représentent malheureusement des motifs de consultation de plus en plus fréquents au sein des cabinets. Or, le processus érosif est continu, lent et insidieux. Le recours à la technique des full mock up, ou masques, représente une importante avancée dans le cadre d’une approche additive de la reconstruction.
Cette technique, simple et pragmatique de prévisualisation est un véritable guide du commencement à la phase finale du traitement, aussi bien sur le plan esthétique que fonctionnel. Ses avantages sont multiples et constituent une véritable aide pour le praticien, du début à la fin du traitement. Nous avons, pour notre part, systématisé cette approche dans le cadre de la prise en charge de ces patients depuis sept ans maintenant.

Les patients atteints d’érosion/usure de nature chimique consultent de manière quasi exponentielle au sein des cabinets, avec des degrés d’atteinte parfois sévères à très sévères. Le diagnostic préalable (usure de nature érosive – chimique –, abrasive, attritive ou abfractive) est essentiel pour une prise en charge globale, odonto-médicalisée et souvent transversale (psychothérapeute, gastro entérologue, médecin nutritionniste).
Les processus érosifs sont assez insidieux et se font généralement sur le long cours. Ainsi, les patients sont souvent amenés à consulter tardivement et les praticiens, dans leur grande majorité, n’ont pas forcément reçu un enseignement contemporain spécifique à leur prise en charge. Une modification du sourire, correspondant à un aplatissement de la courbe frontale esthétique, à une diminution de la hauteur verticale des dents, à une modification du ratio des dents antérieures ou encore la remarque d’un proche, est souvent le signe d’appel pour une consultation, indépendamment de toute symptomatologie.
 
Le recours aux techniques adhésives les plus récentes apporte heureusement aujourd’hui une réponse forte, innovante et réversible, sans condamner davantage les dents supports. Mais avant tout, la prise en charge de ce type de patient doit faire appel à une démarche réfléchie, logique, rationnelle et exigeante de la reconstruction, afin de valider les quatre principaux aspects du traitement : biologique, biomécanique, fonctionnel et esthétique. Ce schéma est celui qui a été proposé et enseigné par le Dr Francesca Vaillati et le Pr Belser de la faculté de médecine dentaire de Genève depuis 2008, au travers de la technique en trois temps (« Three steps technique ») [1-5]. Plus globalement, il s’agit d’appliquer un concept de dentisterie additive et non plus soustractive.
Le point de départ, proposé dans cet article, émane directement de cette technique mais propose, dans…

Cet article est réservé aux abonnés.
Pour lire la suite :

Vous êtes abonné.e ? Connectez-vous
Mot de passe
oublié ?

Vous pouvez également :

Acheter l'article En version numérique
Acheter le numéro À l'unité

Thèmes abordés

Sur le même sujet

Odontologie restauratrice

Article réservé à nos abonnés Dentisterie restauratrice : flux numérique et impression 3D

La fabrication additive des pièces prothétiques On distingue deux grandes méthodes de fabrication assistée par ordinateur : la fabrication soustractive...
Odontologie restauratrice

Article réservé à nos abonnés Restaurations partielles collées après radiothérapie de la sphère oro-faciale : promesse risquée ou solution thérapeutique fiable ?

Le cas clinique présenté ici illustre cette démarche thérapeutique. À la suite d’un diagnostic de cancer des voies aérodigestives supérieures,...
Odontologie restauratrice

Article réservé à nos abonnés Autotransplantation assistée par impression 3D

Cas clinique Une patiente de 17 ans a été adressée par son chirurgien-dentiste traitant pour avulsions des 16 et 26....
Odontologie restauratrice

Article réservé à nos abonnés Réhabilitation fonctionnelle et esthétique d’une amélogenèse imparfaite hypoplasique

L’amélogenèse imparfaite (AI) constitue un ensemble de pathologies génétiques rares affectant la formation de l’émail, avec une prévalence estimée à...
Odontologie restauratrice

Article réservé à nos abonnés Réfection d’un bridge de type Rochette par un bridge collé cantilever antérieur en disilicate de lithium

Les bridges collés en cantilever, à la lumière du travail des pionniers, le Pr Mathias Kern de l’université de Kiel...
Odontologie restauratrice

Article réservé à nos abonnés Risque de récidive orthodontique et bridge cantilever : quid de la contention ?

La proportion de patients présentant une ou des agénésies d’incisives latérales maxillaires est fréquente, touchant environ 4,6 % des hommes et...