Cicatrisation de la muqueuse orale : études cliniques et expérimentales

  • Par
  • Publié le . Paru dans L'Information Dentaire n°24 - 15 juin 2022 (page 28-32)
Information dentaire

Chez l’homme, la cicatrisation clinique de la gencive et de la muqueuse orale a lieu principalement les trois premières semaines. Sur le modèle animal (muqueusepalatine du minipig), bien que le tissu semble cliniquement totalement guéri, l’analyse histologique et biologique met en évidence le remodelage de la matrice extracellulaire et les spécificités associés à la guérison sans cicatrice des muqueuses orales.

La muqueuse orale revêt l’ensemble de la cavité buccale ; elle est délimitée par la partie cutanée de la lèvre et, postérieurement, par la muqueuse oropharyngée. Elle peut être kératinisée (gencive et muqueuse palatine), non kératinisée (muqueuse orale) ou spécialisée (muqueuse linguale et labiale).

Elle possède de nombreuses fonctions : la protection des tissus contre les agressions extérieures (physiques, chimiques et biologiques), les fonctions sensorielles, sensitives, d’élocution, sécrétoires et esthétiques. Une rupture de son intégrité tissulaire active des cascades biologiques impliquées dans la guérison de la muqueuse. Le processus cicatriciel veut alors rétablir la fonction et la structure du tissu lésé et prévenir les infections [1]. Nous pouvons le décomposer en quatre phases :

– la phase « hémostase » arrête le saignement, protège les tissus mis à nus, et constitue une matrice provisoire en fibrine [2]. Lors de cette phase, des facteurs chimiotactiques sont libérés et vont recruter des cellules impliquées dans la réponse immune et inflammatoire ;

– la phase inflammatoire : les leucocytes migrent (polynucléaires neutrophiles et macrophages) et des facteurs pro-inflammatoires sont produits. Ces cellules permettent la détersion de la plaie, en éliminant bactéries et débris nécrotiques ;

– la phase de prolifération (ou anabolique) : les fibroblastes recrutés et activés participent à la synthèse des composants de la matrice extracellulaire provisoire et forment le tissu de granulation qui remplace le caillot de fibrine. La migration des cellules épithéliales ferme les berges de la plaie [3] ;

– La phase de remodelage et de maturation tissulaire s’étend sur plusieurs mois. Le collagène remplace la fibrine via des sécrétions des fibroblastes et leurs productions de protéases. Ce phénomène dépend des métalloprotéinases matricielles MMP-2 et MMP-9 (appelées aussi gélatinases) et de leurs…

Cet article est réservé aux abonnés.
Pour lire la suite :

Vous êtes abonné.e ? Connectez-vous
Mot de passe
oublié ?

Vous pouvez également :

Acheter l'article En version numérique
Acheter le numéro À l'unité

Thèmes abordés

Sur le même sujet

Chirurgie orale

Article réservé à nos abonnés Greffe osseuse chez l’enfant porteur de fente labio-palatine

Les fentes labiales et palatines sont les malformations congénitales de la face les plus fréquentes, avec une incidence moyenne de...
Chirurgie orale

Article réservé à nos abonnés Prise en charge des kystes et tumeurs osseuses chez l’enfant

Quels sont les signes qui doivent nous alerter ? Les kystes et tumeurs bénignes osseuses maxillaires ou mandibulaires chez l’enfant...
Chirurgie orale

Article réservé à nos abonnés À propos d’une image radioclaire mandibulaire

1. Que révèle le Cone Beam ? a. Des corticales osseuses lysées b. L’extension de la lésion au niveau du canal dentaire...
Chirurgie orale

Article réservé à nos abonnés Gestion de la douleur postopératoire en chirurgie orale : mise en place d’un audit clinique ciblé

Chirurgie orale L’équipe de chirurgie orale de l’École de Médecine Dentaire d’Aix Marseille Université se compose actuellement de 6 MCU-PH,...
Chirurgie orale

Article réservé à nos abonnés Lésion mandibulaire de l’enfant

Questions 1. Quelles sont les propositions exactes concernant l’image tomodensitométrique ? a. Rhyzalyse 36 et 37 b. Corticales soufflées et...