En inversant par analogie le célèbre principe d’Adam Smith, philosophe et économiste écossais, selon lequel plus le travail est divisé, plus sa productivité augmente – « Dans chaque art, la division du travail, aussi loin qu’elle peut y être portée, donne lieu à un accroisement proportionnel dans la puissance productive du travail » – [2], on pourrait dire, à l’inverse, que l’imprudence conduit à une répartition anarchique des tâches… et mène droit à l’échec !
Il est tentant de penser qu’une restauration en résine composite dans le secteur antérieur ne demande que des gestes simples, mécaniques, sans réelle réflexion. Pour ceux qui souhaitent sciemment compromettre le résultat final, il suffit de s’affranchir de toute méthode rigoureuse et de négliger les fondements techniques et scientifiques.
Cet article propose, en suivant le principe de décomposition, un mode d’emploi pour échouer systématiquement dans la réalisation de ce type de restaurations…
Nous verrons comment une succession d’erreurs, même mineures, peut transformer une procédure en apparence complexe (mais en réalité composée d’étapes simples et ordonnées [3]) en un véritable fiasco, tant sur le plan esthétique que fonctionnel.
Pour garantir le succès d’une restauration directe aux résines composites dans le secteur antérieur, il convient de suivre une procédure stricte [4] (fig. 1) :
- analyse et relevé de la couleur, des formes et textures [5, 6] ;
- isolation des dents avec un champ opératoire étanche [7] ;
- conditionnement tissulaire des surfaces dentaires à restaurer après avoir éventuellement déposé d’anciennes restaurations inadaptées [8] ;
- stratification des différents incréments de résines composites amélo-dentinaires, associés aux masses effets afin d’imiter les dimensions colorimétriques observées [9] ;
- étape cruciale des finitions (contourage, macro/micro-anatomies, polissage…