Le terme dysfonctionnement temporo-mandibulaire (DTM) englobe une trentaine de troubles musculo-squelettiques (TMS), douloureux ou non, qui impliquent les articulations temporo-mandibulaires (ATM), les muscles masticateurs, leurs tissus associés, ainsi que les céphalées attribuées à un DTM (CADTM). Ils représentent la deuxième cause de TMS après la lombalgie et sont la première cause de douleurs non dentaires au cabinet [1].
De prime abord, les DTM sont fréquemment assimilés par le patient à des douleurs dentaires du fait de la proximité des différentes structures. Le chirurgien-dentiste sera alors sollicité de façon incontournable. Son rôle est alors crucial pour prendre en charge ces troubles de façon préventive afin d’en éviter la chronicisation et de ne pas en sous-estimer les implications [2]. Nous allons nous appuyer sur un exemple clinique pour détailler cette prise en charge.
Les DTM aigus : comment (ré)agir ?
- Situation clinique : une patiente de 42 ans a bénéficié d’un traitement endodontique sur sa dent 47 trois semaines auparavant. Elle sollicite une nouvelle consultation car elle rencontre des difficultés à ouvrir la bouche : « comme si ça coinçait ». Elle décrit une douleur diffuse, sans lésion visible, localisée au niveau de sa joue droite. Elle s’excuse presque : « je sais que ce n’est pas grave, mais ça ne passe pas ». Les dents du secteur 4 ne sont pas mobiles ni sensibles aux tests de percussion. Aucune lésion n’est visible sur les clichés rétro-alvéolaires. On ne retrouve pas d’adénopathies.
- Interrogations du praticien : après avoir éliminé une étiologie dentaire, j’envisage un DTM. Mais est-ce articulaire ou musculaire ? Pourquoi la douleur apparaît maintenant ? Faut-il faire une imagerie ?
Quel praticien n’a jamais été démuni face à ce tableau clinique ? Le diagnostic des sept DTM les plus fréquents repose sur un entretien et un examen cliniques…