Hypersensibilité dentinaire : guide clinique des produits d’hygiène orale

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  • Publié le . Paru dans Réalités Cliniques n°2 - 15 juin 2026 (page 20-25)
Information dentaire
L’hypersensibilité dentinaire est un motif de consultation fréquent, dont la prise en charge repose en première intention sur des mesures d’hygiène orale adaptées, combinant des moyens mécaniques (brosses à dents) et l’utilisation de produits contenant des principes actifs désensibilisants. Parmi les principes actifs, deux mécanismes principaux sont exploités : l’occlusion des tubules dentinaires exposés et la neuromodulation des fibres sensitives pulpaires. Parmi les agents disponibles, le fluorure stanneux, l’arginine et le calcium sodium phosphosilicate bénéficient du niveau de preuve le plus solide. Les sels de potassium, malgré leur large diffusion, ne démontrent pas d’efficacité significativement supérieure au-delà du placebo. La connaissance de ces principes actifs permet de guider le praticien dans la prescription des produits d’hygiène orale, mais également d’expliquer au patient leur mode de fonctionnement et d’adapter le matériel (brossage).

L’hypersensibilité dentinaire est un motif de consultation fréquent en pratique quotidienne, touchant un tiers

des adultes [1]. Elle se manifeste par une douleur brève et aiguë provoquée par des stimuli thermiques (ex. : la glace), osmotiques (ex. : le sucre, le jet d’air) ou mécaniques (ex. : le brossage des dents, le frottement de la sonde dentaire) et retentit directement sur la qualité de vie [2] : évitement de certains aliments ou boissons, inconfort lors du brossage pouvant conduire à une hygiène bucco-dentaire insuffisante et ainsi entretenir un cercle vicieux.

Sur le plan physiopathologique, la théorie hydrodynamique de Brännström demeure le modèle explicatif de référence, dit « de Brännström ». Sur le plan clinique, l’hypersensibilité dentinaire constitue un diagnostic d’exclusion, nécessitant une démarche structurée pour éliminer la présence de caries, fissures dentaires, restaurations défectueuses, atteintes pulpaires ou de douleurs d’origine parodontale [3].

La prise en charge s’inscrit dans un gradient thérapeutique, allant des mesures non invasives (éducation au brossage, choix du matériel, dentifrices et bains de bouche désensibilisants) jusqu’aux interventions professionnelles si nécessaire [3]. En première intention, la partie non invasive repose sur une double approche : la modification des facteurs étiologiques ayant entraîné une exposition dentinaire (ex. : correction d’un brossage traumatique ou contrôle d’un reflux gastro-œsophagien) (fig. 1) et la mise en place d’un traitement chimique par les produits d’hygiène orale, pour obtenir l’occlusion des tubules dentinaires exposés et/ou la dépolarisation des fibres nerveuses sensitives pulpaires (fig. 2). Cet article vise à présenter les options de prescription du matériel et des produits d’hygiène orale (dentifrices, bains de bouche) pour traiter une hyperesthésie dentinaire.


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