Hypersensibilité dentinaire : retentissement psychologique et qualité de vie

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  • Publié le . Paru dans Réalités Cliniques n°2 - 15 juin 2026 (page 75-80)
Information dentaire
L’hypersensibilité dentinaire (HD) peut altérer la qualité de vie en raison de la douleur et de ses conséquences fonctionnelles. Elle induit une anticipation et des stratégies d’évitement (alimentaire, social, hygiène). Les données de la littérature indiquent une dégradation de la qualité de vie liée à la santé orale et suggèrent son amélioration après une prise en charge raisonnée incluant interventions prophylactiques, adhésives, restauratrices, chirurgicales et comportementales. Au-delà de l’évaluation quantitative de la douleur, le praticien doit évaluer le retentissement fonctionnel, social et émotionnel de l’HD, via des Patient Reported Outcome Measures comme l’OHIP-14 ou le DEHQ. Cet article discute les dimensions bio-psycho-sociales de l’HD et propose un cadre de communication thérapeutique pour recueillir le ressenti du patient sans dramatiser, lui redonner de l’autonomie et structurer le suivi de ces douleurs chroniques invalidantes et évolutives.

L’hypersensibilité dentinaire (HD) est l’une des pathologies les plus fréquemment rencontrées par le chirurgien-dentiste en pratique quotidienne, mais elle demeure paradoxalement l’une des moins bien comprises dans sa dimension globale. Cette pathologie est classiquement définie comme une douleur courte et vive, déclenchée par des stimuli thermiques, évaporatifs tactiles, osmotiques ou chimiques sur de la dentine exposée, et qui ne peut être attribuée à une autre lésion ou pathologie [1, 2]. Les données épidémiologiques indiquent une prévalence élevée [11,5 % – 33,5 %] [3]. Si sa fréquence est généralement la plus importante chez les patients âgés de 30 à 40 ans, son incidence croissante est aujourd’hui corrélée à l’évolution des modes de vie, notamment la consommation accrue de boissons acides et la démocratisation de techniques d’hygiène et d’éclaircissement iatrogènes [4, 5]. Ces notions ainsi que les possibilités et gradients thérapeutiques ayant déjà été amplement développés dans les premiers articles de ce numéro, nous discutons ici les aspects psychologiques et le retentissement de l’HD sur la qualité de vie.

Le caractère temporaire de la douleur, la fréquence de cette pathologie et l’absence de menace directe sur la vitalité pulpaire à court terme conduisent parfois le praticien à banaliser la plainte. Or, pour la plupart des patients, la plainte réside dans l’impact délétère sur des activités de la vie quotidienne et les adaptations destinées à éviter les facteurs déclenchants : restrictions alimentaires (froid, chaud, certaines textures), gêne sociale (éviter de sourire, éviter certaines situations sociales), modification des habitudes d’hygiène bucco-dentaire (évitement total ou localisé du brossage) ou encore appréhension des soins dentaires. Cette douleur fugace peut donc devenir envahissante puisque à la fois répétée, anticipée et qu’elle demande un effort…

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