L’intelligence artificielle (IA) est déjà présente dans certains logiciels utilisés au cabinet dentaire : détection automatisée des lésions carieuses ou péri-apicales sur radiographies, segmentation des CBCT, reconnaissance de marques implantaires, génération de comptes rendus ou encore assistance administrative [1]. Cette évolution interroge directement notre pratique. Quelles tâches doivent être automatisées ? Jusqu’où accepter l’aide de l’IA ? Et surtout, quel rôle doit conserver le chirurgien?dentiste dans la décision finale ? Le raisonnement clinique correspond au processus par lequel le praticien recueille, interprète et confronte les informations disponibles afin d’élaborer des hypothèses diagnostiques et thérapeutiques. La décision clinique constitue ensuite le choix final, éclairé par ce raisonnement mais également par le contexte clinique, les préférences du patient et les contraintes organisationnelles. L’IA peut aujourd’hui intervenir à chacune de ces étapes selon des niveaux d’automatisation variables. Plus l’automatisation progresse, plus se pose la question de la perte de contrôle exercé par le praticien, de sa responsabilité et des garanties apportées au patient en termes de qualité, de sécurité des soins et de protection des données. L’enjeu est donc de savoir comment intégrer l’IA de manière maîtrisée, en conservant une décision médicale humaine.
Cet article se propose d’investiguer toutes ces nouvelles questions que nous pouvons nous poser, mais aussi en s’autorisant un temps réflexif sur la place présente et à venir du praticien face à l’adoption de cette technologie.
Clarifions les concepts
Au cabinet, le praticien peut intégrer une IA selon différents degrés d’autonomie décisionnelle, impactant fortement le parcours de soins du patient. Bien qu’il n’existe pas à ce jour de classification consensuelle en odontologie, ces niveaux peuvent être rapprochés…