Les 5 erreurs les plus fréquentes en stérilisation (et comment les éviter)

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  • Publié le . Paru dans Profession Assistant(e) Dentaire n°1 - 15 janvier 2026 (page 46-52)
Information dentaire
La stérilisation du matériel réutilisable reste un pilier fondamental de la pratique de la chirurgie dentaire. Malgré des protocoles bien établis et des normes strictes (EN 13060, ISO 17664), certaines erreurs persistent dans les cabinets. Non pas par négligence, mais souvent par manque de temps, d’actualisation des connaissances ou simplement par habitude. Ces écarts, même minimes, compromettent l’efficacité du processus et exposent patients et équipes à des risques infectieux. Avec l’exigence croissante en matière de traçabilité et de qualité des soins, il devient essentiel de revisiter les bonnes pratiques. Le but de cet article est d’identifier cinq erreurs fréquentes, et de les accompagner de solutions concrètes et applicables immédiatement. Rappelons que la formation MAJGRI (Mise à jour des Actions de Gestion du Risque Infectieux) constitue une obligation réglementaire pour tous les professionnels impliqués dans le processus de stérilisation.

1. Le pré-traitement tardif ou négligé

C’est probablement l’erreur la plus répandue. Les instruments souillés restent trop longtemps sur le plateau avant d’être immergés. Le délai entre la fin du soin et la mise en pré-désinfection favorise le séchage des souillures organiques (sang, salive) ainsi que des résidus de biomatériaux utilisés lors du soin (ciments, pansements provisoires, composites). Une fois sèches, ces matières deviennent particulièrement difficiles à éliminer.

Erreurs fréquentes

Le délai entre la fin du soin et l’immersion des instruments crée plusieurs problèmes : les protéines coagulées et les biomatériaux durcis adhèrent fermement aux surfaces. Ils résistent au nettoyage mécanique et nécessitent alors un brossage intensif qui peut endommager les instruments. Ces micro-rayures créent ensuite des niches favorables au développement bactérien et à la formation de biofilm.

Même le passage au laveur-désinfecteur ne garantit pas l’élimination complète de ces résidus incrustés. Quelques minutes de séchage suffisent à compromettre tout le processus de nettoyage ultérieur. La manipulation d’instruments présentant des souillures sèches augmente par ailleurs le risque d’exposition lors du brossage, avec des projections plus importantes.

Enfin, la corrosion s’installe plus facilement sur des surfaces souillées non traitées rapidement, réduisant la durée de vie du matériel.

Bonnes pratiques

1. Immerger les instruments immédiatement après le soin dans un bac de pré-désinfection fermé contenant une solution détergente-désinfectante adaptée. Veiller à ce que tous les instruments soient complètement recouverts par le bain.

2. Rédiger et afficher les protocoles de stérilisation spécifiques au cabinet, intégrant les exigences réglementaires d’exécution ainsi que le matériel à disposition et les produits utilisés. Mentionner systématiquement les dilutions des produits…

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