L’Homme est un mammifère diphyodonte : il possède deux dentures successives, une temporaire puis une permanente. Plus précisément, l’Homme est diphyodonte par ses incisives, canines et prémolaires, monophyodonte par ses molaires [1]. La denture temporaire comporte 20 dents, celle permanente comporte 32 dents.
Le développement de la dent résulte d’une succession d’étapes de développement complexes. Ce développement est sous-tendu par les interactions épithélio-mésenchymateuses entre ectoderme buccal et ectomésenchyme originaire des cellules des crêtes neurales.
L’épithélium joue un rôle inducteur déterminant dans l’initiation du développement dentaire.
À partir de l’épithélium oral se forme la lame dentaire dont le bourgeonnement épithélial est à l’origine de la placode dentaire. Concrètement, un épaississement du revêtement épithélial de la cavité orale primitive donne naissance à une lame primitive (lame épithéliale primaire), qui se divise ensuite en deux lames épithéliales continues : la lame vestibulaire, à l’origine du futur vestibule buccal, et la lame dentaire, à l’origine des bourgeons dentaires.
À partir de cette lame dentaire primaire, en forme de fer à cheval, se développent dix placodes par arcade, qui constitueront les futurs germes des dents temporaires, sous forme de zones individualisées de prolifération de conglomérats épithéliaux orientés vers l’ectomésenchyme sous-jacent. Une lame dentaire secondaire se formera ensuite et donnera naissance aux seize dents permanentes de chaque arcade.
Une fois constituées, les placodes s’invaginent dans le mésenchyme, où se mettent en place les caractéristiques propres à chaque dérivé, marquant la fin de la phase d’initiation et l’entrée dans le stade bourgeon.
À la suite de cette induction de l’ectoderme oral, l’ectomésenchyme sous-jacent exprime des gènes, protéines et facteurs de transcription qui définissent l’identité…