L’édentement unitaire du secteur antérieur constitue l’une des situations cliniques parmi les plus délicates à prendre en charge, tant sur les plans esthétique que fonctionnel et psychologique. Sa gestion requiert discernement, rapidité et efficacité, afin de proposer une thérapeutique adaptée, la moins invasive possible, offrant une longévité optimale et limitant au maximum le risque de réintervention pour le patient.
Dans les descriptions classiques, le bridge collé est composé d’un intermédiaire et de deux ailettes métalliques qui sont collées sur les faces linguales des deux dents bordant l’édentement (premiers travaux de l’école Maryland : Livatidis, Thomson, Del Castillo dans le début des années 80) [1]. Or une analyse de la littérature internationale nous montre qu’il est possible, voire préférable pour certains auteurs, de coller une ailette sur un seul pilier qui est solidarisée avec l’intermédiaire de bridge [2, 3].
Le changement de paradigme conceptuel va encore plus loin avec les propositions et travaux du Pr Mathias Kern de l’université de Kiel en Allemagne qui permettent avec « sécurité » d’utiliser la céramique pour la réalisation de ces constructions en « porte à faux » [4, 5].
Il y a 19 ans maintenant, avec le Dr Jean-Pierre Attal [6, 7], nous nous sommes intéressés à cette géométrie étonnante du cantilever en prenant en charge un certain nombre de nos patients.
Les principaux avantages des cantilevers sont bien connus aujourd’hui, et leur longévité est attestée par de nombreuses publications. Les taux de survie pour l’In Ceram Zirconia restent très élevés à 15 ans (95,4 %) et à 18 ans (82 %) [8, 9].
Nous avons pris deux voies parallèles à cette époque, celle du Pr Kern avec l’utilisation de l’In ceram Zirconia, puis de la zircone pour le Dr Attal et celle du disilicate de lithium pour ma part principalement en 2008 [10]. Nous avons pu en apprécier…