Les frénectomies : indications et techniques chirurgicales

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  • Publié le . Paru dans L'Orthodontiste, Réalités Cliniques n°4 - 15 décembre 2020 (page 312-318)

1. Ischémie papillaire lors de la protraction labiale.

Information dentaire
La frénectomie est un geste simple et fréquemment réalisé en chirurgie orale. Les freins labiaux supérieurs et inférieurs peuvent s’insérer près des dents, entraînant la persistance de diastèmes et compliquant ainsi le travail de l’orthodontiste. Un frein lingual court peut créer une ankyloglossie pouvant altérer la croissance mandibulaire et créer des problèmes phonatoires. Le chirurgien doit alors réséquer le frein afin de recréer une harmonie parodontale et favoriser une fermeture du diastème ou une libération de la langue. Ce type de chirurgie est réalisé à la lame froide ou à l’aide d’un laser, en fonction des préférences de l’opérateur. Lorsque celle-ci est indiquée le moment doit être choisi avec l’orthodontiste afin que cette intervention ne soit pas réalisée trop tôt et crée un tissu cicatriciel, générant un obstacle et ainsi ultérieurement des difficultés de fermeture du diastème.

La frénectomie est un geste de chirurgie orale simple dont l’indication doit être judicieusement posée. L’omnipraticien est tout à fait à même de poser le diagnostic et de réaliser l’intervention adéquate, qui consiste en la suppression chirurgicale d’un frein aberrant aboutissant à un déplacement de son insertion. Avant d’envisager ce geste, un certain nombre de facteurs fonctionnels et esthétiques sont à prendre en compte avant et pendant l’intervention.

Au niveau de la cavité buccale, plusieurs types de freins sont retrouvés :

  • les freins labiaux médians vestibulaires, maxillaire et mandibulaire ;
  • les freins vestibulaires latéraux, au nombre de quatre ;
  • le frein lingual, unique.

Ces freins, lorsqu’ils sont hypertrophiques, peuvent provoquer des limitations des mouvements des lèvres et ou de la langue [1,2].

D’un point de vue histologique, la présence de fibres musculaires a longtemps été discutée. Gartner et Schein dans une étude sur pièce anatomique ne retrouvent que 35 % de fibres musculaires. En réalité les freins seraient constitués majoritairement de fibres conjonctives et de fibres oxytalanes [3].

Le frein doit être considéré comme un facteur anatomique pouvant être défavorable en fonction de son insertion ou de sa position [1]. Son excision est essentiellement indiquée pour des raisons orthodontiques et parodontales (fermeture de diastèmes, limitation de mouvement de la langue…).

Lorsque cette intervention est indiquée, le moment doit être convenu entre l’orthodontiste et le chirurgien. En effet, il est préférable de la réaliser lorsque les incisives sont alignées orthodontiquement et que la fermeture de l’espace est imminente ou qu’une fermeture de l’espace partielle a été effectuée, c’est-à-dire pendant le traitement orthodontique [4].

Plus rarement en prothèse adjointe, la présence d’un frein hypertrophique (médian ou latéral) peut être un facteur d’instabilité…

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