Les lésions cervicales non carieuses (LCNC) sont fréquentes en pratique clinique et souvent difficiles à restaurer en raison de la proximité gingivale et de la présence fréquente de dentine sclérotique, qui compliquent l’isolation et diminuent l’efficacité du collage. Les échecs les plus fréquents sont les colorations marginales, les décollements et les récidives périphériques. Afin d’améliorer la durabilité des restaurations, différentes stratégies reposant sur le choix des matériaux, des systèmes adhésifs et l’optimisation des protocoles cliniques peuvent être mises en œuvre.
Le traitement des LCNC est indiqué dès lors qu’au moins l’une des situations suivantes est présente [1] :
- la présence de lésions carieuses cavitaires actives associées aux LCNC ;
- la localisation sous-gingivale de tout ou partie des marges de la lésion, compromettant le contrôle de plaque et augmentant ainsi les risques carieux et parodontaux ;
- la perte importante de substance dentaire susceptible d’altérer l’intégrité de la dent, l’atteinte proche de la pulpe ou l’exposition pulpaire ;
- l’hypersensibilité dentinaire persistante ne répondant pas aux thérapeutiques non invasives ;
- l’utilisation de la dent comme pilier de prothèse amovible ;
- la demande esthétique exprimée par le patient.
Matériaux de restauration
Ciments verre-ionomères modifiés par adjonction de résine (CVIMAR)
Dans leur étude, Saghir et al. ont montré que les ciments verre-ionomères modifiés par résine (CVIMAR) présentent des taux de rétention élevés sur 12 mois, avoisinant les 93 %, qui confirment leur efficacité clinique [2]. Ces résultats sont en accord avec ceux de Jassal et al., qui soulignent également une bonne adaptation marginale et une stabilité de surface satisfaisante. Toutefois, ces matériaux présentent une absorption hydrique plus importante, susceptible d’entraîner une dégradation progressive de…