Lésions de la muqueuse buccale – Optimiser le triage téléphonique et repérer les signaux d’alerte

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  • Publié le . Paru dans Profession Assistant(e) Dentaire n°2 - 15 mars 2026 (page 38-42)
Information dentaire
Le cancer de la cavité buccale représente un défi de santé publique mondial encore bien trop sous-estimé. Bien que la cavité buccale soit un site facilement accessible à l’examen, plus de 40 % des cancers oraux sont diagnostiqués à un stade tardif, ce qui nécessite des traitements lourds et assombrit considérablement le pronostic. Dans ce contexte, le premier contact téléphonique avec le cabinet dentaire n’est pas une simple formalité administrative, mais une opportunité cruciale de repérage des signaux d’alerte que l’équipe soignante doit saisir. Sans jamais se substituer à un avis médical, il peut aider à repérer précocement des signes cliniques nécessitant une prise en charge clinique rapide [1, 2].

Une gestion rigoureuse dès le premier contact est essentielle car, pour les lésions cancéreuses, le moment de la détection est le facteur le plus déterminant pour la survie du patient [3, 4]. L’assistant(e) dentaire joue donc un rôle central dans ce processus. Sa formation à la reconnaissance des signaux d’alarme et sa capacité à structurer l’entretien téléphonique conditionnent l’efficacité dans l’orientation du patient que nous qualifions de triage [1]. Une démarche d’équipe rigoureuse permet de repérer les signes d’alerte sans retarder la prise en charge [2]. Cet article a pour objectif d’aider l’assistant(e) pour qu’il/elle puisse différencier, par un questionnement précis, les principales lésions réactionnelles communes des anomalies nécessitant une attention immédiate.

Qu’appelle-t-on une lésion orale à potentiel malin ?

Ce terme, souvent abrégé en TOPM (Troubles Oraux Potentiellement Malins), désigne un ensemble de pathologies de la muqueuse présentant un risque statistique de transformation en cancer [5]. Les formes les plus courantes sont la leucoplasie (plaque blanche qui ne s’enlève pas au grattage) (fig. 1) et l’érythroplasie (tache rouge) (fig. 2), cette dernière étant associée à un risque de malignité plus élevé [5, 6].

À partir de quand une lésion devient-elle suspecte ?

Une anomalie doit attirer l’attention dès lors qu’elle n’a pas de cause évidente identifiable, comme un traumatisme récent (morsure, brûlure) (fig. 3), ou qu’elle ne guérit pas spontanément [6]. La règle des 15 jours est le pilier du triage : toute lésion persistant plus de deux semaines sans cause identifiée impose un examen clinique approfondi [6]. Les zones à haut risque incluent les bords latéraux de la langue, le plancher buccal et le palais mou [5, 6] (fig. 4).

Quels signes décrits par le patient doivent attirer l’attention ?

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