Une gestion rigoureuse dès le premier contact est essentielle car, pour les lésions cancéreuses, le moment de la détection est le facteur le plus déterminant pour la survie du patient [3, 4]. L’assistant(e) dentaire joue donc un rôle central dans ce processus. Sa formation à la reconnaissance des signaux d’alarme et sa capacité à structurer l’entretien téléphonique conditionnent l’efficacité dans l’orientation du patient que nous qualifions de triage [1]. Une démarche d’équipe rigoureuse permet de repérer les signes d’alerte sans retarder la prise en charge [2]. Cet article a pour objectif d’aider l’assistant(e) pour qu’il/elle puisse différencier, par un questionnement précis, les principales lésions réactionnelles communes des anomalies nécessitant une attention immédiate.
Qu’appelle-t-on une lésion orale à potentiel malin ?
Ce terme, souvent abrégé en TOPM (Troubles Oraux Potentiellement Malins), désigne un ensemble de pathologies de la muqueuse présentant un risque statistique de transformation en cancer [5]. Les formes les plus courantes sont la leucoplasie (plaque blanche qui ne s’enlève pas au grattage) (fig. 1) et l’érythroplasie (tache rouge) (fig. 2), cette dernière étant associée à un risque de malignité plus élevé [5, 6].
À partir de quand une lésion devient-elle suspecte ?
Une anomalie doit attirer l’attention dès lors qu’elle n’a pas de cause évidente identifiable, comme un traumatisme récent (morsure, brûlure) (fig. 3), ou qu’elle ne guérit pas spontanément [6]. La règle des 15 jours est le pilier du triage : toute lésion persistant plus de deux semaines sans cause identifiée impose un examen clinique approfondi [6]. Les zones à haut risque incluent les bords latéraux de la langue, le plancher buccal et le palais mou [5, 6] (fig. 4).
Quels signes décrits par le patient doivent attirer l’attention ?



